Claudine Monchaussé déploie depuis six décennies un travail de la terre d’une grande constance. L’argile bien que cuite, demeure nue, et affiche la flagrance d’une humanité offerte. Toujours, les principes de fertilité animent ses statures verticales, furieusement dressées à travers les âges. Aucune reconnaissance institutionnelle, ni prix, ni monographies, n’ont jusque-là célébré sa production développée avec détermination depuis un atelier tapissé d’images de vierges et de taureaux, sans se soucier des validations extérieures. La détermination de l’artiste s’apparente à la fierté immuable de ses figures. Bien qu’installée dans le mythique village de potiers de La Borne, dans le centre de la France au nord de Bourges, Claudine Monchaussé n’adhère pas à l’association qui en fédère toutes les autres adresses. Elle se tient à l’écart de tout, et c’est là qu’il faut aller à sa rencontre, au fond de son jardin, où patiente un autel près duquel l’artiste apparaît parfois lorsqu’on la cherche. Et plusieurs personnalités s’y sont aventurées ces temps-ci, telles que les artistes, designers ou commissaires Benoît Maire, Julien Carreyn, Pascal Yonet, matali crasset et Renaud Regnier avec lesquel·le·s je forme le comité encore restreint d’adeptes ayant été envoûté par l’exceptionnelle qualité de céramiques, couronnées par la sensibilité d’une artiste, que le pays ne peut pas continuer à ignorer.
→ Rédigé à l’occasion de la commission d’acquisition Arts décoratifs, design et métiers d’art 2022 Cnap.fr