Sourdre

une exposition de Claudine Monchaussé
avec Nicolas Bourthoumieux, Damien Fragnon, mountaincutters, Germaine Richier, Marie Talbot
du 11 septembre au 13 décembre 2025
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

La sculptrice Claudine Monchaussé présente à La Verrière plusieurs dizaines de pièces couvrant plus d’un demi-siècle de pratique. S’y révèle une œuvre d’une grande cohérence, dont les formes géométriques mêlent universel et mystique. Aujourd’hui âgée de 89 ans, elle est invitée par Joël Riff qui lui consacre un “solo augmenté”, format qui permet au public d’appréhender le travail d’un artiste en dialogue avec d’autres créateurs. L’exposition “Sourdre” ne déroge pas à la règle, faisant littéralement surgir l’œuvre de Claudine Monchaussé parmi d’autres approches de la matière.

En 1959, à l’âge de 23 ans, Claudine Monchaussé s’installe dans le village berrichon de La Borne, haut lieu de la poterie identifié dès le XIIᵉ siècle : elle se forme en autodidacte et y poursuit depuis lors sa production. La terre est sa matière de prédilection : elle la modèle puis soumet sa sculpture au feu qui fait son œuvre. Les premières silhouettes de la sculptrice ont évolué vers des formes plus strictes nimbées d’un certain mystère, oscillant entre principes sphériques, symboles de fertilité et éléments saillants. Selon le commissaire de l’exposition Joël Riff, “chaque œuvre a sa propre adresse, une charge qui en émane et qui trouvera sa propre destination”. Le travail de Claudine Monchaussé témoigne d’une permanence, d’un dépassement continu qui tend au sacré par son universalité. Ses sculptures s’imposent d’elles-mêmes, comme une évidence.

À La Verrière, une quarantaine de pièces témoignent de cette recherche intérieure. L’artiste ne dessine pas : elle perçoit en volume la forme qu’elle façonne dans son atelier. Chaque sculpture relève ainsi du surgissement, comme l’évoque le titre de ce projet – “sourdre” signifiant littéralement “sortir de terre”. S’agissant de la deuxième exposition personnelle de la sculptrice et de sa première hors de France, ce titre se rapporte aussi au jaillissement de son œuvre sur la scène artistique : une mise en lumière importante pour la céramiste née en 1936, dont la production est longtemps restée confidentielle.

Le commissaire Joël Riff a réuni autour de Claudine Monchaussé d’autres créateurs pour nourrir la réception du public. L’artiste bruxellois Nicolas Bourthoumieux (né en 1985) présente des sculptures qui accueillent celles de son aînée. Deux grandes figures féminines de la sculpture française, Marie Talbot (1814-1874) et Germaine Richier (1902-1959), sont représentées respectivement par une pièce emblématique et une gravure. Des idoles signées par le duo mountaincutters (actif depuis 2012) rythment l’espace tandis que le sculpteur Damien Fragnon (né en 1987) signe un texte sur la nature des eaux minérales issues des profondeurs. Et chaque artiste de “sourdre” sous la lumière zénithale de La Verrière.

↑ Vue de l’exposition de Claudine Monchaussé « Sourdre », La Verrière 2025 © Adagp, Paris, 2025 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès

Spektrum Spektrum

une exposition collective selon un commissariat augmenté par Reiko Setsuda
avec Emmanuelle Castellan, Motoyuki Daifu, Kentaro Kawabata, Marie Laurencin, Johannes Nagel, Walter Swennen, Michiko Tsuda
du 20 mars au 29 juin 2025
au Forum / Fondation d’entreprise Hermès à Tokyo

The Fondation d’entreprise Hermès is pleased to present the group exhibition “Spektrum Spektrum,” jointly organized by the two Hermès galleries in Brussels and Tokyo. This exhibition emerged through dialogue, and holds up a mirror to “Spektrum,” held at La Verrière in Brussels from May 16 to July 27, in 2024, while layering new narrative structures at the Ginza Maison Hermès Le Forum in Tokyo. The spektrum of the title is the German spelling of spectrum, a word that conveys a wide range of meanings and nuances. It refers to distributions or ranges of physical phenomena, such as optical or acoustic spectra, while also evoking specters, ghosts or apparitions, and in Europe, metaphorically referring to a folding fan. Expanding by means of augmented curation on Berlin-based artist Emmanuelle Castellan’s solo exhibition in Brussels, “Spektrum Spektrum” employs the word’s inherent range and resonance as a reflective device. The exhibition can be likened to a novel, occupying a liminal zone between truth and fiction and generating an intimate indoor narrative in the venue. Emmanuelle Castellan paints figures on canvas using incisive marks to montage-like effect, constructing spaces reminiscent of stage and film sets while drawing inspiration from nouveau roman writers such as Marguerite Duras. Ceramic artist Johannes Nagel unearths shi ing dimensions through vessels characterized by vivid colors, asymmetry, discord, and surfaces that alternate between roughness and smoothness. The exhibition also features Walter Swennen’s paintings, which present cryptic codes, and Michiko Tsuda’s works, which apply principles of moving images to render spatiotemporal amplitudes visible. Kentaro Kawabata’s objects imbue the concave surfaces of vessels and spoons with erotic illusions while establishing boundaries. Motoyuki Daifu’s photographs deploy aquatic specters, manifesting on streets, with strong doses of humor, and Marie Laurencin elevates reality to the realm of the decorative sublime in luminous pastel hues. As these works inevitably interact with and reflect one another, the spectrum will reiterate itself, revealing its forms and apparitions.

Courtesy Fondation d’entreprise Hermès © Nacása & Partners Inc © Tomoki Imai

Esperluette

une exposition d’Hélène Bertin
avec Anne Blanès, Aline Cado, Marion Cousin, Caroline Nussbaumer et Lola Verstrepen
du 13 septembre au 30 novembre 2024
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Sixième exposition de Joël Riff en tant que commissaire de La Verrière, « Esperluette » affirme la dynamique collaborative en jeu dans la production d’Hélène Bertin. Ses formes naissent de rencontres. L’artiste cultive un appétit d’apprentissage par l’expérience partagée, façonnant les choses à plusieurs. Chaque œuvre découle de conversations durant lesquelles faire et échanger fonctionnent de concert. Avec une grande attention portée aux origines des matériaux et des gestes, l’artiste conforte depuis une dizaine d‘années une vaste recherche sculpturale qui ne vient jamais seule, ni de nulle part. L’esperluette « & » est ce caractère typographique qui majore la conjonction de coordination « et » au point d’en fusionner les deux lettres. Elle aurait été une lettre à part entière de l’alphabet français et relève aujourd’hui davantage d’une fantaisie visuelle et lexicale attestant par sa ligature le lien fondamental entre deux personnes. Le glyphe résume ainsi la méthode de travail d’Hélène Bertin aussi bien que la relation à construire entre une artiste et un commissaire. De manière générale, il récapitule les enjeux du solo augmenté dont le format rythme le programme de La Verrière depuis bientôt deux ans. L’accrochage à Bruxelles rendra public le fruit d’un an de résidence à la Villa Médicis, à Rome, où Hélène Bertin (née en 1989) est actuellement pensionnaire. La Fondation d’entreprise Hermès active ainsi une circulation européenne de l’Italie à la Belgique dans le cadre d’une coopération institutionnelle inédite. Pour l’occasion, l’artiste éveille des collaborations avec la charpentière marine Anne Blanès (née en 1981), la cultivatrice de fleurs Aline Cado (née en 1992), la compositrice Marion Cousin (née en 1983), la potière Caroline Nussbaumer (née en 1979) et la teinturière végétale Lola Verstrepen (née en 1993), sans empêcher d’autres intuitions de surgir d’ici l’inauguration de l’exposition. Il s’agit pour Hélène Bertin d’une première monographie en Belgique, et à l’étranger tout simplement.

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© Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès

Spektrum

une exposition d’Emmanuelle Castellan
avec Johannes Nagel, Dagobert Peche, Muriel Pic, Norbert Schwontkowski et Walter Swennen
du 16 mai au 27 juillet 2024
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Cinquième exposition de Joël Riff en tant que commissaire de La Verrière, « Spektrum » fait apparaître la peinture d’Emmanuelle Castellan. Celle-ci se déplie en éventail dans l’espace bruxellois, dévoilant des revers, partitionnant des coulisses, permettant des écrans. Construite aussi bien par ajout que par retrait, son écriture picturale superpose les couches, et leurs effacements. Des surfaces subsistent, glissant entre support libre ou tableau, lorsque leur épiderme même n’a pas été tranché pour mieux embarquer la deuxième dimension vers la troisième. Du panel au fantôme, de l’apparence à la gamme, du filtre au souvenir, la polysémie du spectre multiplie les accès à une production hospitalière, qui s’efforce d’accueillir ce qui point. La maîtrise passe alors par la liberté de recevoir. En témoignent des compositions qui se laissent surprendre au fil de leur latence. Une forme de passivité permet ainsi aux choses d’émaner, parfois lentement, éloignant tout dogmatisme. L’accrochage permet un déploiement ambitieux des toiles au sein de l’espace d’exposition de la Fondation d’entreprise Hermès, propulsant l’amplitude de nouveaux tableaux à une échelle inédite. Leur voisinage avec les œuvres des peintres Norbert Schwontkowski (1949-2013) et Walter Swennen (1946) invente une filiation limpide, complétée par les céramiques de Johannes Nagel (1979), les miroirs de Dagobert Peche (1887-1923) et les mots de Muriel Pic (1974). Cet élan se concrétise hors de France où l’artiste est née et enseigne, et d’Allemagne où elle est basée. Le programme renoue ainsi avec ses premières monographies à Bruxelles, accordant une ampleur sans précédent à la peinture d’Emmanuelle Castellan.

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crédit photographique Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès

Emi e dames messeur

une exposition de Koenraad Dedobbeleer
avec Marie-Henriette Bataille, Claire Bretécher, Jean Brusselmans, Roger Capron, Marc Camille Chaimowicz, Pol Chambost, Simona Denicolai, Aglaia Konrad, Amélie Lucas-Gary, Valérie Mannaerts, Jérôme Massier et Alexandre de Wemmel
du 8 février au 27 avril 2024
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Quatrième exposition en tant que commissaire de La Verrière, «Emi e dames messeur» partage une encyclopédie sentimentale, socle de la pratique sculpturale de Koenraad Dedobbeleer. L’artiste nous livre ici une partie de sa cuisine, littéralement. C’est dans cette partie de sa maison que se déploie une constellation de complicités. Un mémento mural se construit en famille, par des analogies nourrissant un imagier commun qui consacre les figures de la faune et la flore. Son projet pour La Verrière associe œuvres existantes à une pléiade d’objets issus de sa sphère privée articulés autour d’interventions architecturales produites par la Fondation d’entreprise Hermès. Le mystère du titre invite à regarder les lettres avant de comprendre les mots, à s’autoriser le plaisir de la surprise d’éléments mis en présence plutôt qu’à chercher à tout prix à rationaliser l’ensemble. Cela n’empêche en rien la jouissance de la phrase. Se déploie alors un véritable jeu de pistes nourri par l’ancrage d’une vie quotidienne à Bruxelles. Ainsi, «Emi e dames messeur*» provient d’une enseigne vue dans une rue de Saint-Gilles, écorchant d’emblée la pression linguistique en vigueur dans la capitale belge. Ce bégaiement chamboule toute lecture mécanique. Une langue s’invente. L’accrochage redouble le système de Koenraad Dedobbeleer, montrant des œuvres qui montrent. Ses propres dispositifs se retrouvent ainsi auscultés parmi les figures qu’il donne à voir, relevant d’amitiés voisines, de pépites du XXe siècle, de photographies d’avant-garde ou d’autres icônes d’un art domestique. Le programme de La Verrière, après trois monographies, continue à cultiver l’exclusivité en la situant ailleurs, dans la confidence d’un artiste révélant les coulisses de son œuvre.

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Koenraad Dedobbeleer_26Koenraad Dedobbeleer_1Koenraad Dedobbeleer_25Koenraad Dedobbeleer_24Koenraad Dedobbeleer_21Koenraad Dedobbeleer_4Koenraad Dedobbeleer_7Koenraad Dedobbeleer_8Koenraad Dedobbeleer_13Koenraad Dedobbeleer_14Koenraad Dedobbeleer_11Koenraad Dedobbeleer_16Vue de l'exposition de Koenraad Dedobbeleer, Emi e dames messeur, La Verrière (Bruxelles), 2024 © Isabelle Arthuis - Fondation d'entreprise HermèsKoenraad Dedobbeleer_17

crédit photographique Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès

Coi

une exposition de Cristof Yvoré
avec Mireille Blanc, Raoul De Keyser, Eugène Leroy, Amélie Lucas-Gary, Noir Métal, Loïc Raguénès et Milène Sanchez
du 7 septembre au 4 novembre 2023
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Troisième exposition de Joël Riff en tant que commissaire de La Verrière, «Coi» instaure une irréductible tranquillité. Ce silence existentiel relève simultanément de la quiétude et de la stupeur. L’événement marque la première exposition personnelle à Bruxelles de l’artiste français Cristof Yvoré, et donne une visibilité inédite à sa peinture tout en l’associant à sept autres artistes. Avec un ensemble d’huiles sur toile articulé autour d’une ambitieuse commande de mobilier, l’accrochage se déploie en deux temps. On traverse d’abord une antichambre aménagée par le duo bruxellois Noir Métal en tant que transition avec l’extérieur pour mieux montrer un tableau par peintres convoqués, à savoir Mireille Blanc, Raoul De Keyser, Eugène Leroy, Loïc Raguénès et Milène Sanchez. Après cette interface plurielle, un alignement donne à voir de façon chronologique deux décennies de travail, une rétrospective de Cristof Yvoré en treize peintures. Enfin, un épisode inédit de Proue, la fiction d’Amélie Lucas-Gary traversant tout le programme, est à retrouver dans la publication qui prolonge de l’espace d’exposition. Cette nouvelle programmation de La Verrière continue à inventer sa propre temporalité, goûtant ici, contrariant là, une relative linéarité. Après deux expositions ancrées dans le champ de la sculpture, c’est au geste de la peinture de prendre le relais, à sa puissante détermination. Il est essentiel de savoir regarder une toile en tant qu’objet, d’en saisir la fabrication. D’apprécier la réalité de ce que l’on a sous les yeux.

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crédit photographique Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès

Bise

une exposition d’Anne Marie Laureys
avec Amélie Lucas-Gary, Maude Maris et Auguste Rodin
du 17 mai au 29 juillet 2023
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Deuxième exposition en tant que commissaire de La Verrière, « Bise » éveille la vigueur d’un souffle. Tout s’anime dans des bourrasques visuelles, qui naissent d’un tourbillon entre les mains. L’événement marque la première exposition personnelle à Bruxelles de l’artiste belge Anne Marie Laureys, et propose de donner une visibilité inédite à sa production de céramiste tout en l’associant à trois autres personnalités. Articulant œuvres existantes, nouvelles productions et prêt exceptionnel d’un objet historique, l’accrochage affirme une dynamique sculpturale sous la bienveillance de la peinture. Cette étape de la nouvelle programmation de La Verrière s’autorise à inventer sa propre temporalité, à prendre son temps, avec certaines invitations qui se déploient dans la durée, aussi bien dans l’espace d’exposition que dans la publication. La bise est un vent du Nord qui balaie l’Europe. Elle est froide et sa caresse peut sembler clinique. Elle apporte pourtant le beau temps. Elle nous touche, en une période où le contact n’est plus d’usage. Aussi, où que l’on soit, l’origine des choses relève d’un façonnage insufflé de vie par des gestes de démiurge. D’ailleurs ce mot en grec ancien signifie artisan. Le potier gonfle depuis toujours des poumons d’argile. Anne Marie Laureys, depuis plus de quatre décennies, tourne la terre. Ses formes retiennent leur respiration. Et ici, une autre expire infiniment.

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Chryséléphantine

une exposition de Marion Verboom
avec Richard Deacon, Tjok Dessauvage, Henri Laurens, Amélie Lucas-Gary, Maude Maris, touche-touche, Marion Verboom et Chloé Vernerey
du 9 février au 22 avril 2023
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Ce premier solo en Belgique de Marion Verboom augmente la présentation de ses sculptures par une sélection d’œuvres et d’objets qui en diffractent l’expérience. Pratiquée dès l’Égypte ancienne, la chryséléphantine désigne traditionnellement une réalisation en or et en ivoire, à l’image de la statue de Zeus à Olympie, l’une des sept merveilles du monde antique. Son auteur, Phidias, le plus célèbre des sculpteurs grecs, érigea également l’Athéna Parthénos. Symbole ultime de somptuosité, les deux colosses ont disparu, laissant place à un vide dont ne subsiste que l’écrin, temples largement célébrés aujourd’hui, bien que privés de leur contenu originel, leur raison. La chryséléphantine connut un renouveau à la période Art Déco, durant laquelle l’or fut remplacé par le bronze. Dans cette perspective historique, technique et intellectuelle, il s’agit ici d’éveiller la possibilité d’une chryséléphantine contemporaine, affirmant de nouvelles valeurs nourries par une prise de conscience quant aux ressources actuelles, leur provenance, leur circulation et leur transformation. Le projet est également l’occasion d’inviter le public à mieux percevoir les outils de fabrication et de monstration de la sculpture, tels que le moule et le socle.

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