Chronique Maude Maris à la Galerie Isabelle Gounod à Paris

Maude Maris (française née en 1980) continue par la virtuosité de sa facture, à pétrifier des entassements sophistiqués. Elle complexifie avec cette nouvelle monographie des compositions déjà extrêmement calibrées. Leur netteté militante ponctue un accrochage sobre, soclé par un vaste sol couleur ardoise qui permet au spectre jaune qui baigne les tableaux, de mieux faire opérer son magnétisme.

Extrait de chronique Curiosité – 2015 semaine 42 – Ductilité publiée le 12 octobre 2015

Chronique Maude Maris chez Christian Aubert – Moments artistiques à Paris

Maude Maris (française née en 1980) investissait le temps d’un week-end, la propriété de ce bienveillant collectionneur qui l’ouvre ainsi chaque mois à un artiste depuis seize ans déjà. L’initiative permettait d’approcher un ensemble de peintures et de dessins. Les toiles de petits formats sont ces trésors dispersés, les grands formats étant soclés par d’heureuses strates de polystyrène au sol. Une passionnante série de grisailles sur papier révèle un processus inédit de composition par surfaces frottées renouvelant merveilleusement l’œuvre graphique de l’artiste.

Extrait de chronique Curiosité – 2014 semaine 15 – Ruiner publiée le 9 avril 2014

Chronique Eva Nielsen à la Galerie Saint-Séverin à Paris

Eva Nielsen (franco-danoise née en 1983) expose ici une seule toile. Et le trésor se montre en une modeste châsse, vitrine paroissiale qui s’offre de front. L’artiste se plie à l’exercice d’une scène biblique, dont elle s’approprie un fragment. En une trame d’une infime délicatesse, se distingue une figure, l’émetteur originel d’une annonciation sans destination fixe. Très à-propos, son message rayonne bien au-delà de la grille qui clôture ce lopin planté, d’où nous restons indéniablement au dehors.

Extrait de la chronique Curiosité – 2013 semaine 05 – Peinture publiée le 28 janvier 2013

Chronique Eva Nielsen à la Galerie Dominique Fiat à Paris

Eva Nielsen (franco-danoise née en 1983) gifla les attentes quant à une production déjà bien identifiée, en offrant aux amateurs ce qu’ils voulaient, et plus encore. Elle tranche ses formats en diptyques et dévoile des œuvres sur papier. Toujours, la claque d’un plan franc, vient s’intercaler entre une pochade atmosphérique trouble, et nous. Cette mise au point nécessaire à toute visée, témoigne d’un intérêt documenté pour la mécanique du regard. J’aime cette autorité qui, tout en caressant ma sensibilité, m’inflige avec violence un constat pratique : j’ai deux yeux.

Extrait de la chronique Curiosité – 2012 semaine 03 – Vikings publiée le 20 janvier 2012

Chronique Bettina Samson à la Galerie Sultana

Bettina Samson met en regard deux séries, sombres, mystérieuses. Des photographies posent l’énigme de la reconnaissance : elles nous plongent dans deux hypothèses infinies. Micro. Macro. De superbes céramiques patientent également. Leur surface sublime leur volume, en petites facettes, délicieuses. Le dispositif, sériel, disperse plot après plot les précieux fragments.

Extrait de la chronique Curiosité – 2011 semaine 16 – Orages publiée le 18 avril 2011