Esperluette

une exposition d’Hélène Bertin
avec Anne Blanès, Aline Cado, Marion Cousin, Caroline Nussbaumer et Lola Verstrepen
du 13 septembre au 30 novembre 2024
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Sixième exposition de Joël Riff en tant que commissaire de La Verrière, « Esperluette » affirme la dynamique collaborative en jeu dans la production d’Hélène Bertin. Ses formes naissent de rencontres. L’artiste cultive un appétit d’apprentissage par l’expérience partagée, façonnant les choses à plusieurs. Chaque œuvre découle de conversations durant lesquelles faire et échanger fonctionnent de concert. Avec une grande attention portée aux origines des matériaux et des gestes, l’artiste conforte depuis une dizaine d‘années une vaste recherche sculpturale qui ne vient jamais seule, ni de nulle part. L’esperluette « & » est ce caractère typographique qui majore la conjonction de coordination « et » au point d’en fusionner les deux lettres. Elle aurait été une lettre à part entière de l’alphabet français et relève aujourd’hui davantage d’une fantaisie visuelle et lexicale attestant par sa ligature le lien fondamental entre deux personnes. Le glyphe résume ainsi la méthode de travail d’Hélène Bertin aussi bien que la relation à construire entre une artiste et un commissaire. De manière générale, il récapitule les enjeux du solo augmenté dont le format rythme le programme de La Verrière depuis bientôt deux ans. L’accrochage à Bruxelles rendra public le fruit d’un an de résidence à la Villa Médicis, à Rome, où Hélène Bertin (née en 1989) est actuellement pensionnaire. La Fondation d’entreprise Hermès active ainsi une circulation européenne de l’Italie à la Belgique dans le cadre d’une coopération institutionnelle inédite. Pour l’occasion, l’artiste éveille des collaborations avec la charpentière marine Anne Blanès (née en 1981), la cultivatrice de fleurs Aline Cado (née en 1992), la compositrice Marion Cousin (née en 1983), la potière Caroline Nussbaumer (née en 1979) et la teinturière végétale Lola Verstrepen (née en 1993), sans empêcher d’autres intuitions de surgir d’ici l’inauguration de l’exposition. Il s’agit pour Hélène Bertin d’une première monographie en Belgique, et à l’étranger tout simplement.

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© Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès

Portrait d’Hélène Bertin

Hélène Bertin dort. Hélène Bertin travaille. À la Villa Médicis, elle fait cela dans deux zones adjacentes, sans limiter chacune à une fonction définitive. Ça bouge. D’autres d’ailleurs y dorment et y travaillent. C’est vrai que les plafonds sont hauts. Et quand on roupille dans une grande chambre, ça laisse beaucoup d’espace pour les rêves. L’artiste sait ne pas être seule. Dans la vie, dans son œuvre, elle parvient à être à plusieurs sans se diluer, au contraire. Ensemble, elle se concentre. Depuis quelques années, un renversement dans sa pratique s’est opéré, quittant les livres pour déployer une recherche par le corps. De Cuglieri, elle revient avec six caisses d’agrumes dans le coffre pour trois mois de promesses de jus. Cette manière d’absorber le savoir par le geste l’ancre plus encore dans le domaine de la sculpture, définitivement charnel. En incarnant, elle comprend les pleins et le reste autour d’elle, et contribue à leurs interactions et leur harmonie.

C’est la Nuit blanche. L’artiste et Julien Colardelle se mêlent pour fomenter le premier d’une série d’événements. On diffuse des chants paysans collectés autour du Vésuve, mode de communication pour se comprendre à distance. Ils sont cette fois entonnés par le femminiello Enzo Tammurrièllo et le cultivateur Dario Mogavero, en présence d’un grand soleil de citrons. Ces deux cents kilos de fruits sont devenus la matière première d’un limoncello zesté collectivement avec qui vit à la Villa.

Hélène Bertin réunit. La Tammurriata aussi. Il s’agit d’une danse qui l’occupe beaucoup, ces temps-ci. Elle ne s’effectue jamais isolée et toujours de manière circulaire. Les couples ne se touchent pas. Elle relève de la grande famille des Tarentelles que l’on retrouve dans le Sud de l’Italie et se distingue notamment par son intense dynamique des bras, et bien-sûr la rythmique du tambour, cette tammorra dont elle tire son nom. Elle est associée à la campagne, au monde rural qui contextualise la lecture de sa chorégraphie, dont le pincement des castagnettes rejoint l’image d’une cueillette et l’interaction avec le sol évoque ce que l’on prend à la terre, et ce qu’on lui rend. Les musiciens ont joué, c’était puissant, on a dansé en rond, respiré ensemble. Et puis l’artiste a proposé de faire des jupes aux couleurs des instruments. C’est corporel, par rapport aux recherches immobiles de bibliothèque. Elle a un goût pour l’étude. Dès qu’un truc l’intéresse, il y a passion.

C’est Noël. Des oranges Navel de Calabre ont été enrobées dans un texte de Bruno Munari puis suspendues dans le carré des orangers. Avant les desserts, tout le monde a été invité à sortir de la Villa. Le limoncello a été bu pour la première fois lors du repas. Des torches ont été allumées et la troupe s’est dirigée dans le fond du jardin guidée par la musique de Léonie Pernet qui jouait sous les arbres, pour y trouver puis décrocher son présent. Quelques-uns patientent aujourd’hui encore.

Hélène Bertin a décidé de rendre à Rome l’espace qui lui est alloué. À sa manière, elle partage cet endroit avec l’association Roma Trad, avec laquelle elle se rend également à sept défilés en Campanie. Perdue sans parler italien, elle crée des liens par d’autres langues. Elle motive partout quelque chose qui fait centre, qui permet le rassemblement. Le sol de son atelier devient ainsi un parquet à la disposition des danses de récoltes. Cela l’oblige à n’en utiliser que les murs. Il n’y a pas d’étagères, alors faut ranger en accrochant. Elle aime bien les choses suspendues. Cette gravité-là, c’est celle des corps. Le volume est à habiter par le souffle. Les architectures sont construites pour être remplies de nous. La voix fait vivre l’ampleur des églises. Alors elle va chanter auprès de Voci in Ascolto à Pigneto avec trente personnes. Demeure une observation participante. Elle confie son émotion d’être en nombre par la polyphonie, de composer avec les autres un objet unique.

C’est le Nouvel an. L’artiste et Julien Colardelle déploient un réveillon enchaînant des films d’ethnographie expérimentale de Vincent Moon dans le Salon des pensionnaires, pour basculer dans le Salon de musique pour un répertoire dédié à l’improvisation aux côtés de Clara Ysé, Dafné Kritharas, Lou du Pontavice, Paul Barreyre, Naghib Shanbehzadeh, Remy Inuit, Léonie Pernet, Camille El Bacha, Walter Laureti et Aya Metwalli. On revient aux Galeries Ferdinand avec un set d’Africa Acid is the Future baigné dans la lumière de Cécile Trémolières. Plus un bruit, César Chevalier et Julien Salban Créma l’accompagnent pour mener la cérémonie de minuit. Une grande boule d’artichauts, de gui et de fleurs jaunes est portée à travers les jardins. Dans la Loggia Balthus, elle est élevée pour devenir le lieu du baiser symbolique. La tradition païenne reprend sa place et annonce la suite de la fête dansée dans un atelier, vers des Niobides figés dans leur mouvement.

Hélène Bertin cuisine. Histoire de rappeler que tout le monde a un ventre, un gosier. C’est une invitation à incorporer ce qui nous entoure. Être convié à sa table ou, mieux encore, la rejoindre aux fourneaux, offre une pleine compréhension de sa production, tant elle aime nourrir et manger. Dans les Abruzzes, une petite harpe tranche les pâtes pour les faire alla chitarra. L’alimentation permet de frôler cette joie festive qui participe pleinement à tout ce que l’artiste fabrique. Ainsi préparer des rascatieddi calabresi ou des orecchiette revient à comprendre le façonnage de formes sculpturales et ergonomiques, de ses mains. Elle s’enthousiasme d’une esthétique lui permettant d’apprendre des techniques, des recettes. Elle circule à la rencontre des gens, pour leur proposer des choses. Elle a réussi à péter la courroie de distribution de sa voiture deux fois la même année, alors que ça arrive tous les cent mille kilomètres.

C’est tombé le jour de son anniversaire. On réunit les vocalistes Davide Ambrogio, Julen Achiary, Marcello Squillante, Rebecca Roger Cruz et Lila Fraysse ainsi que sa chorale. Les répertoires italiens et français se tressent à travers les chants de la terre de contrées voisines. Une promenade sonore et labyrinthique dans différentes pièces du palais conduit au Grand Salon. Assis en arc de cercle, une douce communion se ressent lorsque le chœur atteint les solistes. On sort et une Tammurriata s’improvise. Les yeux découvrent ces pas qui ont traversé les âges et les champs pour se retrouver ici au cœur de la capitale. Pour clore cette odyssée, un cheval noir l’attend sur le piazzale avant de sillonner les jardins de la Villa. Ce cortège est guidé par le son des accordéons. La célébration continue jusqu’à l’aube.

Hélène Bertin cueille. Il y a du fusain. Elle aimerait bien faire tous ses dessins avec ça. Alors elle en prélève lorsqu’elle en trouve. L’autre fois, elle avait des mèches de cheveux dans le visage, et avec le vent, elle avait l’impression de voir des branches. Elle vadrouille les yeux ouverts, en étant toujours là, présente. Cueillir exige un certain état de vision, et d’être. Quand on commence, on se retrouve vite dans une forme d’ivresse. Le regard est aiguisé. On repère ce qu’on cherche, très loin dans le paysage. Ses projets sont terriens. Selon l’almanach, elle collecte différentes essences. Ça permet d’avoir une régularité. Ça suit le calendrier des fêtes. Puis elle préfère maintenant ne plus brûler de bois en cuisson céramique, mais plutôt collectionner les rameaux. Ce corpus de bâtons initie un lexique de lignes et de courbes, offert par les types de fruitiers nourriciers qu’on taille l’hiver pour qu’ils repoussent avec vigueur. C’est là qu’elle intervient. L’odeur cachée sous l’écorce se répand.

C’est la Chandeleur. La première procession de l’année est l’occasion de danser la Tammurriata auprès de la Madonna di Montevergine. Et de novembre à mai une petite foule se retrouve au moins une fois par mois chez l’artiste. Un compagnonnage s’est formé avec Giulia Pesole, Andrea De Siena, Laura Esposito, Viola Centi et Maria Carmen Di Poce pour concevoir un laboratoire chorégraphique tamisant les cultures populaires pour ne pas les abandonner au passéisme. D’une séance à l’autre, elles s’éveillent.

Hélène Bertin organise des bals. La voilà toujours affairée à articuler les programmes, et tout simplement le quotidien, permettant l’hospitalité de ses complices. Le temps de son travail est ainsi rythmé par des éphémérides joyeuses générant l’allégresse collective. L’agenda, plutôt que d’infliger une suite d’échéances, demeure un chapelet de prétextes à célébrer. Mieux vaut donc envisager les longs génériques comme des opportunités de découvrir des sonorités et d’articuler musicalement les syllabes. Elle n’aime pas quand y a de l’électricité. Lorsqu’on lui adresse actuellement un email, une réponse automatique informe que l’artiste commence un jeûne d’ordinateur et de téléphone. Elle est joignable par courrier à l’adresse postale de la Villa Médicis pour retrouver l’enthousiasme de l’écriture. De toute évidence, elle n’a pas besoin d’être branchée pour cultiver ses réseaux sociaux.
Et bientôt, ce sera le carnaval.

→ Publié à l’occasion de l’exposition des pensionnaires « A più voci / À plusieurs voix » du 8 juin au 8 septembre 2024 à la Villa Médicis – Académie de France à Rome (Italie) villamedici.it

Moly-Sabata au cœur du territoire

Depuis bientôt un siècle, Moly-Sabata permet de produire ce qui ne pourrait se faire ailleurs. Par ses moyens techniques, financiers et humains, l’endroit offre un contexte unique ancré dans une village accordant une place à l’artiste, au même titre que le boulanger ou l’institutrice. Entre labeur et contemplation, au bord du Rhône.

C’est à Sablons (38) au carrefour de cinq départements, qu’Albert Gleizes et Juliette Roche décidèrent d’implanter dès 1927 un « couvent laïc où pourraient se réfugier les dégoûtés de ce système moribond ». Parmi les figures pionnières, l’australienne Anne Dangar (1885-1951) y a durablement ancré la pratique de la céramique. Aujourd’hui sous la direction de l’artiste Pierre David, ce havre continue d’offrir un safe space propice à la production. Propriété de la Fondation Albert Gleizes reconnue d’utilité publique, Moly-Sabata est subventionnée par toutes les collectivités de son territoire pour son fonctionnement. À sa charge d’innover pour financer l’accueil d’une trentaine d’artistes par an grâce à du mécénat d’entreprises et de particuliers, à des partenariats de coproduction, à de collaborations avec ambassades et instituts culturels motivant la mobilité, et à d’autres dispositifs encore. Ainsi se perpétue la mission d’hospitalité voulue par le couple visionnaire.

Avant
Depuis ses origines, le programme se construit sur invitation, soit directement par Moly-Sabata, soit par ses partenaires principalement composés de lieux de diffusion en Auvergne-Rhône-Alpes. La résidence se place ainsi au cœur de réseau assurant une pluralité de regards. Si l’émergence est bien représentée, il n’existe aucune limite d’âge. Un tiers environ des artistes viennent de l’étranger. Au sein du domaine des arts visuels, on peut s’y essayer à la terre, perfectionner sa technique ou déployer sa pratique déjà établie tout en bénéficiant à tout stade de la complicité d’artisans du voisinage (Jean-Jacques Dubernard, Jean-Jacques Gentil, Estelle Richard). Quoiqu’il en soit, c’est à la résidence d’accompagner l’artiste en construisant ensemble le cadre propre à ses intentions.

Pendant
La structure est identifiée pour l’implication de son équipe aux expertises complémentaires. Elle dispose de trois ateliers-logements de 50 à 110m² attribués pour une période variable relative à chaque besoin, parfois par ricochets. De nombreux espaces complémentaires peuvent s’adjoindre en tant qu’espace de travail tel qu’un atelier de céramique équipé d’un four électrique de 270 litres cinq faces chauffantes, d’un tour shimpo et d’un séchoir, ainsi qu’un autre petit four de 80 litres et deux à bois. Les budgets de production dépendent des initiatives, sachant que les honoraires respectent une base de 1.000 € /mois. Aucune animation publique n’est sollicitée, Moly-Sabata développant indépendamment d’ambitieuses actions pédagogiques (Marie Ducaté).

Après
La moitié environ des artistes en résidence à Moly-Sabata exposent ailleurs, chez les partenaires de coproduction (Hélène Bertin au Creux de l’Enfer, Damien Fragnon à l’EAC Les Roches, Julia Huteau à la Galerie Tator, Lucille Uhlrich à La BF15, Salvatore Arancio au Château-Musée de Tournon). Sur site chaque automne, les grandes expositions annuelles associent des productions spécifiques (Octave Rimbert-Rivière, Caroline Achaintre, Étienne Mauroy, Sylvie Auvray, Anna Hulačová, Héloïse Bariol) à des prêts prestigieux (Lucien Petit, Jacqueline Lerat, Étienne Noël). Il s’agit davantage de rebondir que de récapituler. Mais tout ne s’arrête pas une fois l’atelier quitté, et la familiarité se cultive à travers un suivi de la Moly family au long terme. Sans exiger de contrepartie, le Fonds Moly-Sabata s’augmente au fil des rencontres de dons, parfois de dépôts, exceptionnellement d’acquisitions, en ayant pour socle un ensemble important de poteries cubistes, de mobilier et d’ouvrages hérités du couple fondateur. Activée au quotidien au sein de la maison et son parc, cette mémoire par l’objet compose le décor d’une communauté bien vivace qui en 2027 célébrera son centenaire.

Publié dans la Revue de la Céramique et du Verre 250 Mai – Juin 2023

La joie indélébile d’Hélène Bertin

Elle a rencontré la terre chemin faisant. Et chacun de ses projets découle des hospitalités offertes depuis. Connue pour s’occuper des autres, Hélène Bertin déploie aujourd’hui une vaste monographie à son image, nous ouvrant les bras. L’exposition tresse les complicités avec jubilation, associant artisans, résidences d’artistes, entreprises et institutions, en coproduction avec Aware qui lui a décerné son prix éponyme en 2019. La céramique occupe une place privilégiée dans cette épopée archaïque en trois phases, résonnant avec les âges de la vie. « Le Jardin juvénile » éveille l’espièglerie dans de grands bacs peuplés de bestioles sympathiques. Une faïence rousse a été passée à la boudineuse ou travaillée avec le potier Jean-Jacques Dubernard, cuite à 980° puis laissée nue sur des plages de sables. Un nuage de cerfs-volants de papier coiffe l’ensemble. À l’étage dans « Le Jardin des paniers », une nuée de pots en grès engobé cuit au bois à 1300°, vient se lover sous un majestueux chapiteau fait de bouquets de céréales. Cette vaisselle rustique a été façonné en compagnie de Jacques Laroussinie. Et « Le Jardin des voix » se murmure dans une cavité rocheuse humide, évoquant les Fontaines Pétrifiantes sollicitées pour sa fabrication. Des phylactères d’argile s’y retrouvent médusés. Augmenté d’un espace d’accueil pérenne à l’entrée du centre d’art ainsi que d’une publication, l’événement se distingue par sa générosité superstitieuse, de cette gaîté que l’artiste prodigue autant qu’elle lui est procurée. Donnant, donnant.

Cahin-Caha, jusqu’au 30 avril 2021, Le Creux de l’enfer, 85, avenue Joseph Claussat, Thiers (63).Tél. : 04 73 80 26 56 http://www.creuxdelenfer.fr

→ Publié dans la Revue de la Céramique et du Verre #237 Mars – Avril 2021

Duetto

Une suite de cinquante-cinq expositions avec Caroline Achaintre, Nadia Agnolet, Cemil Aliyev, Amandine Arcelli, Carlotta Bailly-Borg, Jonathan Baldock, Ranti Bam, Raphaël Barontini, Eva Barto, Gilka Beclu-Geoffray, Jean-Baptiste Bernadet, Hélène Bertin, Mireille Blanc, Océane Bruel, Sebastian Buerkner, Julien Carreyn, Emmanuelle Castellan, Geneviève de Cissey, Matthieu Cossé, Sylvain Couzinet-Jacques, Anne Dangar, Émile Degorce-Dumas, Charlotte Denamur, Jean-Jacques Dubernard, Florent Dubois, Adélaïde Fériot, Diego Guglieri Von Dito, Neil Haas, Hippolyte Hentgen, Evie Hone, Anthony Jacquot-Boeykens, Chloé Jarry, Sophie Lamm, Amélie Lucas-Gary, René Pascal, Émilie Perotto, Nathalie Pouzet, Robert Mallet-Stevens, Colombe Marcasiano, Marianne Marić, Maude Maris, Simon Martin, Étienne Mauroy, Lindsey Mendick, Gabriel Méo, Stéphane Moreaux, Charlotte Moutou, Alexandre Benjamin Navet, Eva Nielsen, Camila Oliveira Fairclough, Guillaume Pinard, Octave Rimbert-Rivière, Juliette Roche, Muriel Rodolosse, Emmanuelle Roule, Éléonore Saintagnan, Lina Scheynius, Varda Schneider, Apolonia Sokol, Maxime Thieffine, Sarah Tritz, Henri Ughetto, Emmanuel Van der Meulen, Pierre Unal-Brunet, Céline Vaché-Olivieri, Benjamin Valenza, Albert Vallet, Marion Verboom, Marine Wallon, Elsa Werth et Rafal Zajko
du 17 mars au 10 mai 2020
en confinement à Sablons

Faire une exposition par jour au moins, est mon engagement depuis le 27 septembre 2004, et il en a été ainsi. Dans le strict respect des mesures de confinement, j’ai décidé de fabriquer cet accrochage quotidien. Le projet se construira au jour le jour en associant deux œuvres choisies dans ma proximité. Et si nous ne pouvons plus pour l’instant entrer en contact, elles le peuvent.

Consulter la documentation intégrale de « Duetto »

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Cet élixir

Une exposition avec des œuvres de Jean-Marie Appriou, Hélène Bertin, Jagna Ciuchta, Johan Creten, Anne Dangar, Étienne Mauroy, Pakui Hardware, Paloma Proudfoot, Henri Ughetto et Phoebe Unwin
du 21 septembre au 3 novembre 2019
en résonance de la Biennale de Lyon 2019
à Moly-Sabata à Sablons

Il était une fois une plante magique, aux racines noires comme la nuit et aux fleurs blanches comme le lait. Dans l’Odyssée, Hermès l’offre à Ulysse pour contrer les sortilèges de Circée. L’antidote ramène à l’humanité. Quelques siècles plus tard au sud de Lyon, où le Rhône trace un virage, la population agacée par le raffut d’incessants sabbats dît tant de prières que leur saint patron descendît du ciel, et sous la figure d’un jeune pèlerin, sema un végétal éloignant les inopportuns. Le remède assure la quiétude. Au fil du temps, persistent les pouvoirs bénéfiques de cette panacée que toutes les sources s’accordent à appeler Moly. De récentes études pharmacologiques identifient ce genre d’ail célébré par la mythologie antique puis par les croyances locales, comme étant le perce-neige, Galanthus nivalis, qui annonce le printemps dans le parc de la résidence. Au carrefour des sciences et des superstitions, sa concoction nécessite tout un attirail, de cette vaissellerie spécifique dont les usages relèvent autant de la technique que du symbole, comme pour tout rituel. Car sans objet, pas de culte. Il s’agit de contenir le sacré. Loin de chasser les sorcières, au contraire, la nouvelle exposition à Moly-Sabata réveille les légendes du nectar avec lequel résonne son nom. CET ÉLIXIR invite à l’enchantement, par des œuvres qui en activent la cérémonie. Flore fantaisiste, humeurs et récipients nous engagent à communier dans ce climat de contemplation et de labeur propre à l’endroit, comme sous l’influence d’un charme.

Cet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (4) Artworks by Paloma Proudfoot, Jagna Ciuchta, Henri Ughetto and Hélène BertinCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (6) Artworks by Jagna Ciuchta, Henri Ughetto and Hélène BertinCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (8) Artworks by Hélène BertinCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (7) Artworks by Jagna Ciuchta and Hélène BertinCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (16) Artworks by Jean-Marie Appriou, Jagna Ciuchta and Henri UghettoCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (10) Artworks by Jean-Marie Appriou, Jagna Ciuchta, Henri Ughetto, Phoebe Unwin and Paloma ProudfootCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (13) Artworks by Paloma Proudfoot and Jagna CiuchtaCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (15) Artworks by Paloma Proudfoot and Jagna CiuchtaCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (10) Artworks by Jean-Marie Appriou, Jagna Ciuchta and Paloma ProudfootCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (18) Artworks by Johan CretenCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (20) Artworks by Johan CretenCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (19) Artworks by Johan Creten, Jean-Marie Appriou and Henri UghettoCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (22) Artworks by Jean-Marie Appriou and Henri UghettoCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (24) Artworks by Anne Dangar, Phoebe Unwin and Étienne MauroyCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (28) Artworks by Anne Dangar and Étienne MauroyCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (25) Artworks by Anne Dangar, Johan Creten, Phoebe Unwin and Étienne MauroyCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (32) Artworks by Pakui Hardware and Henri UghettoCet élixir, annual show 2019 at Moly-Sabata - Photo Ugnius Gelguda (33) Artworks by Pakui Hardware

Crédit photographique Ugnius Gelguda