Julia Scalbert frôle tout de ses doigts. Son tact relève de la timidité des cimes, ce phénomène encore inexpliqué de branches qui ne se touchent pas, d’arbres qui dessinent dans la canopée des lignes de réserve. Il en résulte une délicatesse inouïe. Ainsi malgré la densité de la forêt, les différents houppiers respectent entre eux une infime distance de confort, laissant la place à chaque panache pour s’épanouir singulièrement, tout en formant ensemble une masse compact. D’autres essences reproduiraient ce principe de coexistence au niveau de leurs racines. Peinture et céramique partagent ces bonnes manières. Une telle humilité implique des contours graciles, bien qu’assurés de leur tracé. Et la pudeur parfois, aboutit à la frontalité la plus indécente. Sans commentaires ni explications, le corps s’offre en paysage. Le vocabulaire de l’artiste relève aujourd’hui des statuettes préhistoriques autant que de la poupée surréaliste. Elle nous livre des fruits mûrs, presque impatients. Pour les produire, sans esquisse, elle modèle la terre jusqu’à ce qu’une silhouette l’arrête et l’interroge, lorsque la sculpture esquive ses mains. La chose alors s’échappe. L’hameçonnage a pris son temps. C’est le moment de ferrer, de biscuiter la pièce avant d’appliquer des engobes ou jus d’oxyde sur le grès, que l’on peut laver pour troubler un peu plus encore les aspects, avant l’ultime cuisson haute température. Les œuvres en ressortent froides. La palette de ces viandes contribuent d’ailleurs au frisson, en complément de tant de caresses.
Étiquette : Julia Scalbert
Tarasque et silures
une exposition avec des œuvres de Caroline Achaintre, Mimosa Echard, Damien Fragnon, Pakui Hardware, Evie Hone, Les Crafties, Sarah Sandler, Julia Scalbert, Pierre Unal-Brunet et David Wolle
du 25 au 28 août 2022
pour Moly-Sabata
à Art-o-rama 2022 à la Friche la Belle de Mai à Marseille
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Entre Moly-Sabata et Art-o-rama, coulent des eaux mystérieuses dont nous tamisons ici la faune. Celle-ci ne relève pas frontalement du règne animal. Les silhouettes et textures qu’on y rencontre éveillent des récits fantastiques frôlant le folklore rhodanien, la cryptozoologie et l’étude de formes alternatives du vivant. Alors les créatures carnavalesques côtoient les carnassiers solitaires et lucifuges, les spécimens contredisant les sceptiques, les témoignages ébahis, et tout ce que l’on peut pêcher entre Sablons et la Méditerranée.
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