Portrait de Pier Sparta

Pier Sparta sculpte pour être moins seul. Il s’entoure ainsi d’une foule croissante de figures qui s’attendrissent au fil du temps. Cette nouvelle famille, plus encore que de la choisir, il la façonne. Il modèle l’argile, triture la cire, soude le métal, moule le plâtre, fond la paraffine, pratique la menuiserie, développe la construction, taille le bois, coule le béton, émaille la céramique et cuit le verre, dans cet ordre, par l’expérimentation successive des matériaux. Et il adore dessiner, vraiment. Ses papiers qu’il ne montre pas arborent des palettes vives sans que cela ne se traduise pour l’instant de façon flagrante dans ses volumes. Pas facile. Alors l’artiste continue à chercher des couleurs qui aient une véritable matérialité. Il évoque une initiation à la fresque ou à la teinture qui modifierait sa production à venir, en peignant la matière par la matière. La polychromie pare de toute évidence cet art roman qui le fascine. Sa Bourgogne natale semble alors être un socle qui nourrit ses formes, respectant d’irrésistibles contours archaïques. L’échelle du village est également celle qui le conforte, un regroupement de foyers faisant communauté dans le paysage. Dans la vie, il va à la rencontre des gens, récolte des histoire, sans avoir forcément besoin de parler pour communiquer. Cela relève de la superstition, de certains signes à interpréter par les sens plutôt que la raison. C’est selon cette frontalité qu’il nous livre ses œuvres, dans une transmission silencieuse. Leur corps entier fait visage.

→ Commandé à la demande de l’artiste www.instagram.com/spartapier

Tilia

une exposition avec des œuvres d’Huma Bhabha, Valérie Bourdel, Gisèle Buthod-Garçon, Delphine Caraz, Joséphine Ducat-May, Victor Giannotta, Île/Mer/Froid, Wang Keping, Jules Lagrange, Laurent Le Deunff, Pier Sparta et Oscar Tuazon
ainsi qu’un ensemble de mobilier XXe siècle
du 21 septembre au 3 novembre 2024
en résonance avec la Biennale de Lyon 2024
à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes à Sablons

Certaines figurent disparaissent sans que leur influence ne meure. Le tilleul centenaire de Moly-Sabata a accueilli tout être passant la grille du parc, jusqu’à être arraché par une tempête l’année passée. Ce type d’arbre en Europe demeure un symbole de bienvenue à travers les âges, planté pour mieux recevoir. Aujourd’hui malgré cette absence, l’hospitalité du site est coriace. L’exposition « Tilia » invite à se demander ce que l’on fait de ce qui reste, et comment continuer à inventer des formes affables. Ainsi en plus d’une attention portée aux façonnages de tant de bois, il s’agit de s’enthousiasmer d’objets qui en reçoivent d’autres, dans une bienveillance imperturbable. Persistent le recueillement, et l’accueil.

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Crédit photographique Frédéric Houvert