Pier Sparta sculpte pour être moins seul. Il s’entoure ainsi d’une foule croissante de figures qui s’attendrissent au fil du temps. Cette nouvelle famille, plus encore que de la choisir, il la façonne. Il modèle l’argile, triture la cire, soude le métal, moule le plâtre, fond la paraffine, pratique la menuiserie, développe la construction, taille le bois, coule le béton, émaille la céramique et cuit le verre, dans cet ordre, par l’expérimentation successive des matériaux. Et il adore dessiner, vraiment. Ses papiers qu’il ne montre pas arborent des palettes vives sans que cela ne se traduise pour l’instant de façon flagrante dans ses volumes. Pas facile. Alors l’artiste continue à chercher des couleurs qui aient une véritable matérialité. Il évoque une initiation à la fresque ou à la teinture qui modifierait sa production à venir, en peignant la matière par la matière. La polychromie pare de toute évidence cet art roman qui le fascine. Sa Bourgogne natale semble alors être un socle qui nourrit ses formes, respectant d’irrésistibles contours archaïques. L’échelle du village est également celle qui le conforte, un regroupement de foyers faisant communauté dans le paysage. Dans la vie, il va à la rencontre des gens, récolte des histoire, sans avoir forcément besoin de parler pour communiquer. Cela relève de la superstition, de certains signes à interpréter par les sens plutôt que la raison. C’est selon cette frontalité qu’il nous livre ses œuvres, dans une transmission silencieuse. Leur corps entier fait visage.
→ Commandé à la demande de l’artiste www.instagram.com/spartapier





























