Entretien avec Octave Rimbert-Rivière

L’artiste n’est pas une machine. L’atelier n’est pas une usine. Pourtant, une productivité, disons une générosité, caractérise ton travail. Difficile d’assumer la pénibilité comme critère de qualité. Peux-tu développer ton rapport au labeur ? 
Je pense que le temps est une donné que l’on peut ressentir d’une manière universelle quand l’on voit une œuvre, et la générosité a à voir avec ça. L’amour aussi. N’importe qui comprend et s’aperçoit du temps passé à faire les choses. Je ne sais pas si tu as déjà lu La part maudite de Georges Bataille. C’est un livre qui m’a beaucoup influencé dans ce sens là. Notre dépense doit être sans concession, comme le soleil. C’est dans les sculptures de Peter Fischli & David Weiss que j’ai compris cela pour la première fois, particulièrement dans Plötzlich diese Übersicht avec ce travail vertigineux où la répétition, le temps et le labeur sont des éléments qui font tenir toutes ces sculptures debout. Je vois le labeur et la pénibilité comme une façon de dire Je t’aime, comme à mon avis dans de nombreuses pratiques artisanales (il n’y a qu’à voir Jean-Jacques Dubernard !) ou certaines pratiques amateurs de fabrication d’objets. More love hours than can ever be repaid de Mike Kelley est une sculpture qui parle de ça. Toutes les « heures d’amour » que je passe à façonner les choses sont comme la préparation d’un cadeau qu’il sera impossible d’égaliser 🙂

Tu te distingues par la virtuosité de tes factures alors que tant d’artistes semblent excuser leur incompétence par des argumentations somnifères. Comment cette évidence pour toi s’est-elle mis en place ? 
La productivité à mon avis était en réaction à l’enseignement des beaux-arts qui d’une manière subliminale nous incitait à ne pas trop être dans des questions de productions mais plutôt dans l’explication d’un territoire de recherche. Attention, la forme doit être uniquement au service du fond, c’était de cette manière là qu’il fallait penser « un projet ». D’abord une idée, ensuite une forme. Le problème c’est que dans de nombreux cas les deux se désolidarisaient et malheureusement les formes, assez pauvre s’enfermaient dans des histoires. Du coup le fait de travailler en atelier, beaucoup, était d’une certaine manière un territoire, surtout physique, parce que j’arrivais à l’ouverture et je repartais à la fermeture et cela me permettait de justifier la place et le désordre que j’occupais dans l’atelier. 
Il y avait aussi un autre enseignement subliminal, pas tant que ça d’ailleurs, qui nous expliquait que ce n’était pas le temps que l’on passait à faire les choses qui en faisait la qualité. Je pense que c’est vrai, mais encore une fois, pour contredire ça je me suis mis à utiliser des techniques avec de nombreuses étapes, longues et laborieuses, pour réaliser des objets qui la plupart du temps se trouvaient devant mon nez à certains moments du repos. C’est comme ça que j’ai réalisé le saucisson en faïence, cela m’a pris trois mois et je trouvais que c’était une manière drôle d’épuiser le temps et de le cristalliser dans une sculpture. L’atelier de moulage a très vite été l’endroit où j’ai senti qu’il fallait que je fasse mes recherches et je trouvait très excitant de se battre pour apprendre des techniques classiques de sculptures. Et il fallait du temps pour ça. C’était génial de me dire que dans une école où l’on me proposait la liberté j’avais choisi le travail à son premier degré, l’épuisement du corps et des mains, du temps. C’est un peu la règle que je me suis donné.

Peux-tu justement nous décrire la temporalité d’une journée type à l’atelier ? Quel est ton rythme en ce moment ? Tu indiques par exemple que la meilleure raison de sortir du lit est d’ouvrir le four dans lequel des céramiques ont cuit toute la nuit.
Je n’ai pas de rythme particulier, ni un séquençage précis de ce que je vais faire. La seule règle c’est de passer la porte de l’atelier, le plus tôt possible, et ensuite on voit ce qu’il y a à faire. Tout se télescope et j’essaie juste d’anticiper les choses pour ne pas perdre trop de temps. En fait la journée est rythmée par des gestes très pragmatiques de réalisation, ponctués arbitrairement par des temps de pauses, où je regarde ce qu’il y a sous mes yeux et où j’imagine ce qui pourrait arriver ensuite. De temps en temps, les choses ne veulent pas sortir. J’insiste un peu en général mais si ça ne marche vraiment pas je me dis que c’est un signe, du coup j’abandonne et je passe à autre chose. 
Quand je lance un four, effectivement c’est assez excitant de se lever le matin pour voir le résultat. C’est un peu comme quand Saint-Nicolas passe et que son cheval a mangé un bout de carotte.

En parlant de grignotage, croissants, saucissons et roquefort alimentent ton vocabulaire. En quoi notre terroir et ses formes t’intrigue-t-il tant ? 
Pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que ce sont des choses que je consomme avec plaisir, fréquemment. Ensuite parce que ces formes ont beaucoup de relations plus ou moins direct avec des gestes sculpturaux. J’ai appris récemment que le fromage, la caille du lait plus particulièrement, était chez les grecs très lié aux techniques de modelage, et donc à la sculpture. Le saucisson lui est une forme sculpturale en soi, grotesque et pleine d’humour. On peut voir dans ces formes une multitude de choses, de la géométrie, des matières, des sculptures. 
Ensuite, ces formes créent un lien très intéressant entre l’artisanat, les savoir-faire traditionnels, et l’industrialisation, la production en série. C’est la question du faux-traditionnel, la production d’objet qui visuellement contiennent la trace du geste humain, d’un savoir faire ancestrale. Je trouve cette contradiction passionnante et pose de nombreuses questions à propos de l’artificialité de ces formes. 
Enfin, je trouve ça très drôle d’utiliser ces formes du terroirs. C’est très ambiguë de travailler avec des produits régionaux, français. Mais il faut voire cela comme un décalage où l’humour occupe une place très importante.

Au sein de ta chaîne de travail, tu exploites l’aléatoire voire la surprise. En quoi celle-ci peut-elle s’avérer ou bonne ou mauvaise ? Qu’est-ce qu’une erreur ? 
Effectivement la surprise est très importante dans la mesure où elle apporte quelque chose d’inattendu dans une chaîne de travail plutôt contrôlée. Par exemple le travail avec les émaux est fait d’une manière complètement aléatoire, et la surprise ne peut qu’être bonne. Avec les couleurs dans le plâtre aussi, je les envoie partout dans le seau et je mélange mal le plâtre afin qu’il se répartisse et qu’il prenne de manière inégale. Les couleurs font leur vie et se dispersent dans le moule n’importe comment. Dans l’artisanat, tous les savoirs-faires doivent être respectés à la lettre pour que l’objet soit réussi. Le mystère se trouve plutôt du côté d’une mise en œuvre technique et maitrisée que d’un résultat hasardeux répondant anormalement à ce qui était prévu. La réalisation d’une sculpture est une suite de gestes qui oscillent entre maîtrise et surprise où il suffit de faire déraper certains geste pour rendre un objet étrange. 
Par ailleurs, si une céramique se casse parce que j’ai ouvert le four trop tôt où si je mets mon pied dans un seau de plâtre plein et le renverse sur le sol de l’atelier, c’était imprévu certes, mais plutôt une mauvaise surprise.

Portrait de Julie Digard

Julie Digard peint. Elle applique, comme le veut la tradition, de la couleur sur une surface plane. Plusieurs sursauts secouent cette définition simpliste alors que l’artiste oeuvre à affiner sa propre pratique du medium. Elle n’est bien-sûr pas la première à le faire, et sa clairvoyance révèle un éveil à l’histoire de la peinture qui la protège de quelques répliques stériles. Façonnée par plusieurs années aux Beaux-Arts de Saint-É, sa facture a aujourd’hui pris un courageux élan, pour s’autoriser une ampleur inédite, conforter des intuitions croustillantes, oser plus encore.

Julie Digard n’aime pas le mot Tableau. Aventurons-nous ici à la réconcilier avec ce terme formidable. Ses huiles peut-être, son cadre sûrement, sa conservation en musée ou son marché partout ailleurs, enferment la dénomination dans un penchant mortifère dont il est légitime de vouloir se méfier. Celle-ci décrit pourtant une configuration militante, un verrouillage sain de choix qui ne se fanent pas pour autant. Y est déterminée une scène rayonnant par son unité. L’autonomie y est pleine. Le bonheur.

Julie Digard a résidé à Moly-Sabata. Outre la jouissance d’un atelier et d’une équipe à son service, elle a pu développer des familiarités avec d’autres acolytes séjournant
simultanément sur place. Parmi les félicités du planning, difficile de cacher son voisinage avec un des douze acteurs historiques de l’élan Supports/Surfaces. Une quarantaine d’années séparent l’âge des peintres et pourtant leurs écritures se tutoient. D’autres éléments circonstanciels imbibent ces productions spécifiques, il n y a qu’à deviner sous la couleur, les contours de bois flottés offerts par le Rhône.

Julie Digard cultive une garde-robe joyeuse. On pourrait s’en foutre mais le constat ne semble cependant pas dénué de sens lorsqu’est observé le casting de textiles avec lesquels l’artiste travaille. Gammes ensoleillées et motifs tranchants, c’est toute sa collection de foulards qui tremble de se retrouver clouée en une configuration murale ou écartelée sur un châssis. Le montage est habillage. Partout, se diffuse une gourmandise dans l’ouvrage, proche des plaisirs de l’assortiment vestimentaire dont l’exposition est le miroir.

Julie Digard signe des séries. Ainsi Les fluos, Les assemblages, Les croûtes et Les notes lui ont permis d’approfondir selon le classement générique de ses envies, plusieurs directions au sein de sa linguistique plastique. Cette méthode n’exclut en rien l’exception, puisque La grande composition concentre par l’étendue de son énergie, une suite à elle seule. Humeur et endurance trouvent ici satisfaction, jusque dans cet ensemble d’empiècements
raccommodés, élaboré dans une hygiène éphéméride pour mieux témoigner de soixante-deux jours de résidence.

Julie Digard n’a pas encore l’habitude de voir son nom dans un texte. Celui-ci est consacré à sa production, alors pour l’aider, répétons-le. L’intégralité de cette présentation a été réalisée pour nous, aujourd’hui, à La serre. Que chacun contribue au rayonnement de cette première monographie afin que les occasions en sa faveur se multiplient et que s’épaississe la visibilité d’une démarche en pleine éclosion. A être synthétique, beaucoup peuvent y avoir du mal. C’est une heureuse difficulté, un défi cubiste, un effort d’auteur. C’est cette fois chez notre artiste, chose faite. Regarder.

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Ce texte a été écrit dans le cadre de l’exposition de Julie Digard en septembre 2015 à La serre à Saint-Etienne. Elle est la lauréate du Prix Moly-Sabata 2015.

Outrage

Une exposition avec des oeuvres de Celia Hempton, David de Tscharner, Fanette Mellier, Florent Dubois, Gabriel Méo, Kevin Gallagher, Lina Scheynius, Neil Haas et Zoe Williams
le samedi 20 juin 2015
sur une invitation du G8
à La cité des arts Montmartre à Paris
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Présente

Une exposition avec des œuvres de Julien Meert, Charlotte Moth, Romain Vicari, Carsten Balle Nielsen, Eva Nielsen, Shanta Rao, Valerie Snobeck, Maxime Thieffine, Anne-Charlotte Yver et Raphael Zarka
signée avec Eva Nielsen
du 5 mai au samedi 13 juin 2015
à La Traverse à Alfortville

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20crédit photographique Nicolas Brasseur

Communiqué pour Christophe Herreros

L’appréciation d’une image animée reste un mystère. Il est rare que celle-ci nous laisse jouir de la circonstance dans laquelle elle apparaît, tant son cours nous transporte toujours ailleurs. Pourtant Christophe Herreros insiste pour nous laisser là où nous sommes. L’œuvre Avant les chiens pourrait nous faire croire à une passion troubadour, nous emporter dans une cavalcade médiévale, nous plonger dans les très riches heures d’une idylle bousculée en pleine forêt. Au lieu de cela, deux parisiens trébuchent sur un scénario, intensément. Ils sont beaux. Ils font leur métier dans un recoin de quartier aux gazouillis suspects. Les machines soufflent. Cette résistance au divertissement fluide est exquise. Et comme ultime rempart aux vertiges de la fiction, du texte vient gifler le poitrail de nos tourtereaux. Il s’agit de cette littérature que notre habitude ne voit plus. Tâchons pour une fois de la regarder. Jaune, blanche, rouge. La gamme électronique chatouille les tons d’automne des alentours. Il ne s’agit pas d’une interface supplémentaire qui nous sépare plus encore de l’image perçue. Alors que l’industrie du dvd élabore différentes pistes, notre artiste les fond toutes en un matériau unique. Là est la violence. Les techniciens l’appellent “sous-titrage forcé”, mots incrustés dans le fichier de l’œuvre, tatoués en sa chair-même. Police Arial. Corps 23.

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Ce texte a été écrit pour l’exposition Avant les chiens en février 2015 à Palette terre à Paris

La loutre et la poutre

Une fable sur le décoratif avec des œuvres de Nadia Agnolet, Neïl Beloufa, Mireille Blanc, Jean-Baptiste Bernadet, Sarah Tritz, Guillaume Constantin, Anne Dangar, Mimosa Echard, Jean-Baptiste Fastrez, Louis Gary, Albert Gleizes, Benjamin Hochart, Jean Lurçat, Colombe Marcasiano, Thomas Mailaender, Gabriel Méo, Cécile Noguès, Mathieu Peyroulet, Octave Rimbert-Rivière, Maxime Thieffine, Anne Laure Sacriste, Elsa Sahal, Clémence Seilles et Céline Vaché-Olivieri
signée avec Mathieu Buard
du 20 septembre au 26 octobre 2014
à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes à Sablons ainsi qu’à la chapelle de Givray à Saint-Maurice-l’Exil
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crédit photographique Nicolas Brasseur

Chronique Maude Maris chez Christian Aubert – Moments artistiques à Paris

Maude Maris (française née en 1980) investissait le temps d’un week-end, la propriété de ce bienveillant collectionneur qui l’ouvre ainsi chaque mois à un artiste depuis seize ans déjà. L’initiative permettait d’approcher un ensemble de peintures et de dessins. Les toiles de petits formats sont ces trésors dispersés, les grands formats étant soclés par d’heureuses strates de polystyrène au sol. Une passionnante série de grisailles sur papier révèle un processus inédit de composition par surfaces frottées renouvelant merveilleusement l’œuvre graphique de l’artiste.

Extrait de chronique Curiosité – 2014 semaine 15 – Ruiner publiée le 9 avril 2014

Outresol #2

Une exposition avec des œuvres de Jean Baptiste Bernadet, Rémy Brière, Mimosa Echard, Maude Maris, Lina Scheynius et sans John Armleder
signée avec Mathieu Buard
du 17 janvier au 16 février 2014
à L’île à Paris
sur une invitation de Johan Fleury de Witte
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crédit photographique Nicolas Brasseur

Portrait de Florian Bézu

Pour commencer, j’aimerais évoquer la fin de la fête.

Florian Bézu nous invite d’emblée à prendre les choses à l’envers, à commencer par la fin, débuter par l’après, inverser les règles. Contrairement au cours habituel de l’exercice de l’interview, ce n’est pas lui qui répondra aux questions, mais bien à nous d’interroger l’absence manifeste de réponses, d’interpréter les rares réactions extraites de son monde minéral. Il y règne une temporalité autre, de ce devenir tellurique qui nous inflige un incontournable décalage horaire. L’un ou l’autre souffrira nécessairement d’un créneau d’acclimatation, selon celui qui finalement fera le voyage et traversera les frontières.
Car c’est bien un massif rocheux qui nous sépare du territoire développé par Florian Bézu. La perspective de son ascension est irrésistible, et les quelques éboulis qui nous en parviennent sont autant de trésors prisés. Ce qu’il retient en ces sommets, aucun accès n’y est pour l’instant vraiment permis. Ses confidences demeurent recluses en une forteresse de faïence émaillée, et satisfaisons nous déjà de jouir des éclats de ces surfaces, du mutisme des émaux qui les nappent, et de la rugosité cristalline de l’ensemble du terrain.
Toujours, cette croute. Les connotations de cet horrible mot, dans le domaine de la peinture particulièrement, trouve pourtant ici une concordance heureuse. Qu’elle soit de terre cuite ou d’un autre matériau poussé par les lois physiques et chimiques à la métamorphose, elle protège, mais signifie aussi un état transitoire. Pensons à l’enfant masochiste qui, blessé, gratte systématiquement cette plaque croustillante de sang coagulé, plus ou moins conscient qu’un tel acharnement empêchera la plaie de se soigner.
Un épiderme se constate également sur sa série d’images troublées par un mystérieux rayonnement. Il s’agit plus de radioactivité que de lumière, le pelliculage polluant directement la structure ouatée du papier cartonné, s’infiltrant en son épaisseur pour faire disparaître les chairs et épargner les tons les plus froids. Les chefs-d’œuvre figurant sur cette collection de vignettes, replongent dans une forme d’obscurantisme primitif, sur lequel règne l’artiste qui s’amuse à nous tester selon son propre règlement, au jeu de la reconnaissance.
Et une gourmandise générique caractérise toute sa production, visant le contentement élémentaire. Les paysages culinaires abondent ainsi, mousses crémeuses, glaçages et gammes sucrées. Plutôt qu’un dégoût, cette abondance semble inspirer un appétit capricieux.
Lorsqu’il les donne à voir, Florian Bézu a l’habitude de rehausser ses pièces d’un contraste littéral entre le précieux et le trivial, le contenu et l’emballage. Que ce soit par le carton pauvre de ses socles ou le vert de bibliothèque de ses murs, la présentation qu’il élabore évoque les réserves du savoir, ce conditionnement feutré dans lequel les choses sont rarement remises en question. Cette dimension sérieuse détonne avec les motifs identifiables qui surgissent d’un travail éternellement voué à l’amusement.
Cotillons, bougies et papier cadeau confirment cette direction. Ces éléments métonymiques de la bringue se retrouvent noyés dans des flaques de cire et de javel, humiliés dans des humeurs un temps liquides, puis figées après leur jaillissement. Fuite adolescente. Chez Florian Bézu, cette débandade programmée reste en suspens pour maintenir un enchantement dans le mépris du temps, une réjouissance sans réel terme.

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Ce texte a été écrit pour le catalogue de l’exposition Disposition en décembre 2013 à La maison des arts de Malakoff

Foutre

Une exposition avec des œuvres de Charlie Jeffery, Elsa Sahal, Eva Nielsen, Gabriel Méo, Iván Argote, Marianne Maric et Vincent Ganivet
signée avec Mathieu Buard
du 10 octobre au 10 novembre 2013
chez düo à Paris
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crédit photographique Nicolas Brasseur