Quatre

une exposition de Elene Shatberashvili
avec Jean Claracq, Philippe François, Nathanaëlle Herbelin, Mathilda Marque Bouaret, Vera Pagava, Rooms Studio, Johan Viladrich, Miranda Webster
du 15 janvier au 11 avril 2026
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Pour sa dixième exposition à La Verrière, le commissaire Joël Riff conçoit un nouveau “solo augmenté” autour de la peinture d’Elene Shatberashvili. Formée aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Tim Eitel, puis à la Hochschule für bildende Künste de Hambourg, l’artiste géorgienne présente dans “Quatre” ce qu’elle voit et ce qui existe autour d’elle. Une vingtaine de ses toiles couvrant une décennie de pratique voisinent avec les œuvres de huit autres personnalités sous la lumière de La Verrière.

Autoportraits, scènes du quotidien et natures mortes recouvrent les murs de La Verrière. Elene Shatberashvili est peintre, installée en France depuis 2011. Si elle n’ignore rien des icônes de son pays – la Géorgie, où elle voit le jour en 1990 –, elle va au-delà de leurs aplats dorés traditionnels en célébrant la couleur dans toutes ses vibrations. Elle joue d’ailleurs volontiers avec les reflets par la présence de miroirs, d’écrans, de fenêtres qui parsèment sa peinture en décuplant les perspectives. Ses natures mortes assument l’aspect géométrique de leurs formes, “presque kaléidoscopiques” selon Joël Riff qui compare l’accrochage à “une constellation murale”.

Le travail d’Elene Shatberashvili navigue entre “l’aura envoûtante” qui habite ses tableaux et une dimension plus prosaïque, à l’image de ce qu’ils représentent : tables, fleurs, œufs ou pommes. Ses compositions trouvent leur équilibre sur la toile, accueillent des oppositions de teintes qui font émerger des contrastes. Sa peinture respire, elle arbore des “parcelles sensibles, furieusement irradiantes” et les miroirs représentés sont autant de surfaces qui renvoient, en creux, le visage de l’artiste. Les toiles, au nombre d’une vingtaine, peuvent être perçues comme autant de fragments d’un autoportrait.

Le titre “Quatre” indique tout simplement qu’il s’agit de la quatrième exposition personnelle de l’artiste. C’est, parallèlement, sa première collaboration avec Joël Riff qui, à travers le format du “solo augmenté”, élargit l’invitation à d’autres créateurs. Ainsi le travail d’Elene Shatberashvili s’appréhende aux côtés de celui de trois autres anciens étudiants des Beaux-Arts de Paris, rencontrés dans l’atelier de Tim Eitel : Nathanaëlle Herbelin (née en 1989 en Israël), Miranda Webster (née en 1991 en Nouvelle-Zélande) et Jean Claracq (né en 1991 à Bayonne). Formée à Toulouse, Mathilda Marque Bouaret (née en 1992 à La Ciotat) complète cette sélection de peintres réunis autour de la figure tutélaire de Vera Pagava (1907-1988), née à Tbilissi comme Elene Shatberashvili. Dans l’espace de La Verrière se déploie aussi les mobiliers de Rooms Studio (agence d’architecture et de mobilier fondée en 2007 en Géorgie) et de Johan Viladrich, né en 1991 à Paris. Enfin, le pasteur et penseur Philippe François, né en 1961 en Moselle, développe, dans la publication accompagnant l’exposition, les usages du tétra qui désigne le chiffre… quatre.

↑ Vue de l’exposition d’Elene Shatberashvili « Quatre », La Verrière 2026 © Adagp, Paris, 2026 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès