Chryséléphantine

une exposition de Marion Verboom
avec Richard Deacon, Tjok Dessauvage, Henri Laurens, Amélie Lucas-Gary, Maude Maris, touche-touche, Marion Verboom et Chloé Vernerey
du 9 février au 22 avril 2023
à La Verrière / Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles

Ce premier solo en Belgique de Marion Verboom augmente la présentation de ses sculptures par une sélection d’œuvres et d’objets qui en diffractent l’expérience. Pratiquée dès l’Égypte ancienne, la chryséléphantine désigne traditionnellement une réalisation en or et en ivoire, à l’image de la statue de Zeus à Olympie, l’une des sept merveilles du monde antique. Son auteur, Phidias, le plus célèbre des sculpteurs grecs, érigea également l’Athéna Parthénos. Symbole ultime de somptuosité, les deux colosses ont disparu, laissant place à un vide dont ne subsiste que l’écrin, temples largement célébrés aujourd’hui, bien que privés de leur contenu originel, leur raison. La chryséléphantine connut un renouveau à la période Art Déco, durant laquelle l’or fut remplacé par le bronze. Dans cette perspective historique, technique et intellectuelle, il s’agit ici d’éveiller la possibilité d’une chryséléphantine contemporaine, affirmant de nouvelles valeurs nourries par une prise de conscience quant aux ressources actuelles, leur provenance, leur circulation et leur transformation. Le projet est également l’occasion d’inviter le public à mieux percevoir les outils de fabrication et de monstration de la sculpture, tels que le moule et le socle.

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Au Bonheur

une exposition avec Julie Béna, Estelle Deschamp, Poterie Friedmann, Walter Gürtler, Sophie Irwin, La double clique, Le Palais du Corbeau, Poterie Ludwig, Marianne Marić, Alexandra Midal, Flora Moscovici, Françoise Saur, Poterie Schmitter, Camille Schpilberg, Dominique Stutz, T R, Alban Turquois, Nicholas Vargelis, Giom Von Birgitta ainsi que des objets patrimoniaux prêtés par la famille Neunreiter
en co-commissariat avec Alice Motard, directrice du centre d’art
du 1er octobre 2022 au 26 février 2023
au Ceaac à Strasbourg

L’exposition « Au Bonheur » prend appui sur le passé commercial du bâtiment Art nouveau abritant le centre d’art en se jouant des typologies d’objets en vente, du tout début du XXe siècle aux années 1960 dans cet ancien magasin de faïences, porcelaines, verreries, luminaires et articles de ménage. Les objets qu’elle rassemble témoignent de la manière dont l’idéologie peut s’inscrire dans la forme, et du pouvoir attribué à celles et ceux qui les fabriquent, les choisissent et les disposent. La décoration devient ici un vecteur d’autorité, de subversion et d’émancipation. Le projet est aussi l’occasion de proposer des céramiques utilitaires à la vente, dont la sélection découle d’une prospection de plusieurs mois dans des ateliers de potier·e·s en Alsace.

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Millefleurs

une exposition collective avec Héloïse Bariol, Clément Bouteille, Clément Rodzielski, Milène Sanchez, Marianne Castelly, Kate Newby, Josèfa Ntjam, Dom Robert, Juliette Roche, Elmar Trenkwalder, Claude Viallat ainsi que des sculptures pérennes du Fonds Moly-Sabata
du 17 septembre au 30 octobre 2022
en Résonance avec La Biennale de Lyon 2022
à Moly-Sabata à Sablons

Après « Faire essaim » déjà déployée en plein air en 2021, « Millefleurs » est le nouvel opus de notre enthousiasme pour le retour des abeilles à Moly-Sabata, réveillant l’activité apicole du site et générant un autre regard sur nos environs et leurs ressources. Le terme évoque directement une flore en profusion, et nous embarque vers une appellation de miel, et un genre de tapisserie. Il désigne une stratégie d’ingestion de nos parages, une expérience de la surface, relie les arts décoratifs et la nature, et manifeste l’impact de tout agent polinisateur qui transforme ce qu’il cueille. Par ailleurs, à chaque fois qu’une abeille sort butiner, elle revient à la ruche après avoir en moyenne visité, à trois kilomètres à la ronde, un millier de pistils. Célébrons la multitude et la diversité, à notre portée.

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Tarasque et silures

une exposition avec des œuvres de Caroline Achaintre, Mimosa Echard, Damien Fragnon, Pakui Hardware, Evie Hone, Les Crafties, Sarah Sandler, Julia Scalbert, Pierre Unal-Brunet et David Wolle
du 25 au 28 août 2022
pour Moly-Sabata
à Art-o-rama 2022 à la Friche la Belle de Mai à Marseille

Entre Moly-Sabata et Art-o-rama, coulent des eaux mystérieuses dont nous tamisons ici la faune. Celle-ci ne relève pas frontalement du règne animal. Les silhouettes et textures qu’on y rencontre éveillent des récits fantastiques frôlant le folklore rhodanien, la cryptozoologie et l’étude de formes alternatives du vivant. Alors les créatures carnavalesques côtoient les carnassiers solitaires et lucifuges, les spécimens contredisant les sceptiques, les témoignages ébahis, et tout ce que l’on peut pêcher entre Sablons et la Méditerranée.

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Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (3)Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (2)Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (4)Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (10)IMG_6066Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (11)IMG_6129Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (13)20220828_161650IMG_6089UNADJUSTEDNONRAW_thumb_11969Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (12)IMG_6124IMG_6123Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (5)20220828_19415tTarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (14)Tarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (7)IMG_61388UNADJUSTEDNONRAW_thumb_1195fTarasque et silures, Art-o-rama 2022 © Moly-Sabata (6)

Sandrine Pagny

Sandrine Pagny tourmente la porcelaine. Mais les galbes qu’elle flatte, les contours qu’elle caresse, affichent une satisfaction polychrome, aux humeurs traduites par un important travail de la couleur. Cette fois, l’artiste s’élance à une échelle inédite, doublant largement ses habitudes pour aboutir à une dizaine de grosses contenances. Ces bedaines ouvragées nous affrontent de toutes leurs faces, de toutes leurs fesses. L’occasion de rappeler le jargon éminemment sensuel qu’on utilise pour nommer la lèvre, le col, l’épaule, le ventre, le pied ou le cul d’une poterie. Les sculptures de Sandrine Pagny voient ainsi leur base tournée puis leur volume monté au colombin, avant de revenir sur le tour pour subir d’ultimes déformations et achever leur silhouette dodue. Pincements et trouées titillent les chairs, et si les surfaces sont lisses, une vengeance se manifeste en provoquant les canons établis. Une revendication s’affirme. De petites bouches par grappes semblent vouloir reprendre leur souffle. Ça respire. Alors l’artiste cherche à aller plus loin, à changer de paysage, vers d’autres étendues. L’amplitude des marbrures grasses motivent la gestation de panoramas fantastiques. Et parmi tous, ce sont les reliefs volcaniques qui offrent la terre la plus fertile. Ceux de Sandrine Pagny suintent l’abondance. Engendrer ces nouveaux gabarits fut acrobatique, impliquant des procédés de glaçure inédits, des courbes de température revues, et surtout une ingéniosité pour l’enfournement, sachant que certaines pièces connaissent jusqu’à six cuissons. Il faut imaginer ces Venus ruisselantes dans une cabine d’émaillage de fortune, bac-à-sable en plastique Botticelli-esque, et manœuvrées en bricolant un système associant une glissière, un appareil de musculation et une poulie de levage. Que ce soit du four ou du reste, il s’agit toujours de s’extirper d’une cavité. À la lumière.

→ Commandé par Lefebvre & Fils pour l’exposition personnelle « Big Mammas » de Sandrine Pagny par Aurélie Julien du 17 février au 26 mars 2022 à Paris

Flora Moscovici

Flora Moscovici retouche. Par contact, dans un rapport physique avec les lieux qu’elle investit, elle applique de la couleur sur des surfaces existantes. Ainsi, elle enveloppe de peinture poudrée venant maquiller sans cacher. Ses plages atmosphériques sont des espaces qu’on foule, évoluant avec le monde qui les environne. En cela, l’artiste ne s’abstrait pas. Sans pour autant figurer. Son action cutanée pourrait relever d’une forme de restauration, qui nourrit et répare, rassasie et rafraîchit. Mais à l’inverse de la mission d’une conservatrice, elle transforme. Plutôt que de réfrigérer, elle impulse à l’œuvre une vie propre. C’est un organisme autonome, une créature, parfois balafrée. Et comme on ne part jamais de rien, Flora Moscovici s’aventure aujourd’hui à retravailler la mue d’une commande publique. Il y a quelques mois, sa peau s’affichait au soleil parisien, bien verticale, au cœur de la capitale. Arrachée à son emplacement royal, puis malmenée dans l’obscurité d’un parking souterrain, la voilà couchée dans une friche industrielle. Les plaies d’un tel traitement se révèlent au déploiement du grand épiderme, dont on ne camoufle pas les stigmates. Nimbes et hématomes en font la palette. Des pigments sont apposés en baume. Des soins plastiques sont prodigués en ce milieu synthétique d’acryliques polyuréthanes sur polychlorure de vinyle. La façade se ravale. À panser ces blessures, l’artiste tranche sans violence. Œuvrant à la coupe, elle opère en couture et sutures. Alors on change d’échelle, du plein air au huis clos, d’un abord monumental à la promiscuité, du hiératique au gisant. Ce transfert est à la fois un grand renversement et un retour aux origines, la bâche ayant initialement été peinte au sol. Photosensible à sa manière, elle rend au dedans, tout ce qu’elle a absorbé dans la rue, et continue de faire rayonner l’empreinte de son exposition.

→ Commandé par les Ateliers Vortex pour l’exposition personnelle « Revêtement, cicatrices polychromes » de Flora Moscovici du 11 mars au 16 avril 2022 à Dijon

Melissa Sinapan

Melissa Sinapan cisèle sa peinture. Elle livre une marqueterie de couleurs, à la sophistication abyssale, s’épanouissant en surfaces. Ses pavements éveillent la grandeur d’intérieurs solennels dont le décor fait le prestige. Le Tombeau de Sainte-Claire d’Assise, la Galerie Borghèse de Rome, l’Académie de Venise ou la Salle des cartes du Vatican font ainsi partie de ces destinations mythiques où elle pèlerine. Car l’artiste marche, et s’accorde ce rythme intempestif d’un mouvement propre, à l’image de la technique de l’huile dont on ne peut brusquer le séchage. Il ne s’agit pas de lenteur, mais de justesse. Melissa Sinapan revient d’ailleurs d’un Voyage en Italie. Considérée durant des siècles comme l’étape ultime d’une formation artistique, cette initiation la nourrit à son tour de motifs, la pare d’une banque de données de marbres fins, de marbres feints. Elle a visité toutes les églises, foulé tous les carrelages, et ramène trois cents photos de feuilles d’acanthe. Au final dans ses compositions, l’influence de cette expérience du Sud est pondérée par la flagrance des joies Arts & Crafts, piochant autant dans les frondaisons classiques que dans les floraisons de tradition anglaise. De quoi échapper aux dogmatismes, à tout aplatir en un même déluge décoratif. Melissa Sinapan manifeste un attrait pour ce qui tourne, ce goût ancré dans la discipline de l’arabesque. Ses lignes contribuent à un vortex goulu, que les effets du mille-fleurs ne rassasient pas. Alors elle continue à remplir. Il y a dix ans, elle se familiarisait avec le design de mode à Lyon, puis poursuivit son cursus à l’École Supérieure d’Art et de Design de Saint-Étienne, d’où elle sort diplômée en 2018. C’est ensuite une série de résidences à Moly-Sabata en 2019 sur une rive du Rhône, puis à Triangle France en 2021 sur une côte de la Méditerranée, qui ont conforté ses superficies fluides. Durant son apprentissage, elle débuta par des portraits, des chats, puis c’est un incident technique qui a propulsé sa production alors que son projecteur la lâchait, l’empêchant de reproduire des figures. Depuis, elle ne peint plus que des fonds. Sans autre prétexte. L’artiste confie également avoir la chance de ne pas être bonne en dessin, et ne s’inflige pas des semblants de perspective. Elle a le talent de ne toujours pas savoir tracer une ligne droite, et la compétence d’une très mauvaise perception de l’espace. Ainsi ses conques, arches et niches ne prétendent jamais à autre chose qu’à ornementer par le plat. Ses ouvrages chérissent la planéité, deux dimensions n’empêchant pas les tempêtes. Mais c’est par l’apaisement que Melissa Sinapan choisit de nous inviter à son actualité. En invoquant l’expression italienne pour dire bonne nuit, elle engage à faire de beaux rêves. À fermer les yeux, on les ouvre autrement.

→ Commandé par la galerie pour l’exposition personnelle « Sogni d’Oro » de Melissa Sinapan du 25 novembre 2021 au 29 janvier 2022 à Double V Gallery (Marseille)

022_11_21c2a9jeanchristophe_lett↑ Melissa Sinapan, La fissure de timidité, 72 x 87 cm, huile sur toile, 2020 | Courtoisie de l’artiste et Double V Gallery (Marseille)

Bente Skjøttgaard – Tableaux

Il existe des formes du vivant qui semblent échapper aux classifications, et ne relever ni de la flore, ni de la faune. Les scientifiques conçoivent des arborescences sophistiquées pour en organiser malgré tout l’étude. Pour sa huitième exposition à la galerie Maria Lund, l’artiste danoise Bente Skjøttgaard (née en 1961) réveille les fascinantes planches du biologiste allemand Ernst Haeckel, qui œuvra dès le milieu du XIXe siècle à représenter des espèces par milliers, selon des compositions hypnotiques. En découle une splendide production lithographique, récapitulée en un recueil publié en 1904 sous le titre manifeste « Formes artistiques de la Nature ». Malgré son auteur controversé, le succès est instantané, et socle notamment une influence décisive sur l’Art Nouveau. Plus d’un siècle plus tard, ces créatures parfois décrites pour la toute première fois, continuent par leur image gravée, à nourrir les contours contemporains. Et au sein d’une foule de fabuleux spécimens, Bente Skjøttgaard s’est cette fois intéressée à la grande famille des Cnidaires, ces invertébrés incarnant 500 millions d’années d’évolution. Anémones, coraux ou méduses habitent cette catégorie trouble de la zoologie, sans distinction flagrante entre l’animal, le végétal, voire le minéral. Depuis son atelier à Copenhague, l’artiste plonge dans les abysses du vivace, et du visible, pour augmenter la nomenclature de cette population des profondeurs, avec ses propres êtres modelés dans le grès. D’abord biscuitées, ces silhouettes grassement émaillées sont cuites à haute température (1280°). Leur enveloppe glacée est réalisée soit par versement, soit par trempage. Un aspect liquide rappelle l’univers sous-marin dont ces chimères pourraient provenir, jusque-là soustraites à l’œil humain. Par quelques réserves ménagées en surface, l’épaisseur de leur épiderme laisse parfois entrevoir la terre nue, une structure soudainement exposée à vif. Bente Skjøttgaard ébauche l’anatomie de ses volumes par de rapides dessins, puis passe au matériau-même, afin d’y préserver la fraîcheur de l’esquisse. Elle pétrit sans outil, pour ne placer aucun intermédiaire entre l’argile et ses doigts. Quelques tiges de fer maintiennent simplement les masses durant leur séchage, pour les sculpter jusqu’au bout. C’est la gravité puis le four qui se chargent du reste, dans une collaboration avec ces forces qui la dépassent. Après cuisson, une mouillure persiste, affirmant le milieu aquatique d’où ce bestiaire paraît émaner.

Du 7 novembre 2021 au 8 janvier 2022. Galerie Maria Lund, 48, rue de Turenne, Paris 3e. Tél. : 01 42 76 00 33. http://www.marialund.com

→ Publié dans la Revue de la Céramique et du Verre #241 Novembre – Décembre 2021

Matias Karsikas – Opulence fertile

Cette première exposition personnelle en France s’inscrit dans la lignée du Prix Jeune Designer de l’année, décerné en 2020 par le Design Forum Finland. La récompense a affirmé la visibilité du trentenaire dans son propre pays, et en Europe du Nord. Ses compositions luxuriantes commencent maintenant à rayonner plus au sud. Basé à Helsinki où il a été diplômé en 2018 d’un Master du département de céramique et de verre de l’Université Aalto, Matias Karsikas a complété sa formation par deux résidences, à Shigaraki au Japon puis à Jingdezhen en Chine. Ses créations puisent leur inspiration dans les extravagances de la nature, notamment en matière de flamboyance des couleurs et d’iridescence des surfaces, telles qu’on peut les observer sur le plumage d’un oiseau ou la carapace d’un insecte. L’artiste prend tout en main, multipliant les perles de terre, soufflant les bulles de verre. C’est la combinaison des matériaux qui motive sa sensibilité, agrégeant les arts du feu à des fragments de bois trouvés, selon une dynamique fluide, définitivement organique. Ses sculptures sont des bijoux, parfois au sens premier du terme puisque certaines se portent en boucle d’oreille, assumant des gouttes d’émail pour parure. Ainsi, le céramiste garnit l’Institut finlandais d’une dizaine d’œuvres témoignant d’une décennie de travail. L’accrochage culmine avec une installation murale conçue spécifiquement pour le café de l’endroit, en plein Quartier Latin qui verra éclore cette flore fastueuse.

Carte Blanche à Matias Karsikas, du 10 septembre 2021 au 19 février 2022, Institut finlandais, 60 rue des Écoles, Paris (5e). Tél. : 07 68 44 07 66 http://www.institut-finlandais.fr

→ Publié dans la Revue de la Céramique et du Verre #240 Septembre – Octobre 2021

50 ans, 50 artistes

Il y a un demi-siècle, naissait l’Association Céramique La Borne. Ce groupement fédère aujourd’hui plus de soixante-dix membres, de treize nationalités différentes, installé·e·s dans un rayon de trente-cinq kilomètres sur le territoire mythique de la poterie bornoise. Cette exposition anniversaire en célèbre la concorde, tout en offrant un panorama des amitiés liées à travers le monde de la terre cuite depuis 1971. L’initiative s’inscrit dans la saison « 1971-2021 Passion Céramique » déployée de juin à novembre 2021, et notamment ancrée par le lancement du nouveau site internet http://www.aclb50ans.com. Numérologie oblige, c’est une sélection d’une cinquantaine de personnalités choisies parmi les huit cents ayant exposé jusque-là, qui sera donnée à voir au rythme d’une pièce par céramiste. L’ensemble voisinera la permanence d’œuvres assurée par les adhérent·e·s, témoignant d’une diversité cosmopolite articulée autour de la traditionnelle cuisson au bois, à l’image des productions de la japonaise Machiko Hagiwara ou de l’espagnol Pep Gomez. L’habitude d’exposer dans le hameau, en plus d’y créer, remonte à 1962 avec une toute première présentation organisée dans une ancienne forge par les sculpteurs Pierre Mestre et André Rozay. Le grand symposium de 1977 fera également date. D’un projet à l’autre, motivée par un socle associatif persistant, se construit l’histoire de la plus ancienne galerie céramique de France.

Du 3 juillet au 31 août 2021, Centre Céramique Contemporaine La Borne, 25 Grand’ Route, La Borne (18). Tél. : 02 48 26 96 21 http://www.laborne.org

→ Publié dans la Revue de la Céramique et du Verre #239 Juilet – Août 2021