Chronique Maude Maris chez Christian Aubert – Moments artistiques à Paris

Maude Maris (française née en 1980) investissait le temps d’un week-end, la propriété de ce bienveillant collectionneur qui l’ouvre ainsi chaque mois à un artiste depuis seize ans déjà. L’initiative permettait d’approcher un ensemble de peintures et de dessins. Les toiles de petits formats sont ces trésors dispersés, les grands formats étant soclés par d’heureuses strates de polystyrène au sol. Une passionnante série de grisailles sur papier révèle un processus inédit de composition par surfaces frottées renouvelant merveilleusement l’œuvre graphique de l’artiste.

Extrait de chronique Curiosité – 2014 semaine 15 – Ruiner publiée le 9 avril 2014

Portrait de Florian Bézu

Pour commencer, j’aimerais évoquer la fin de la fête.

Florian Bézu nous invite d’emblée à prendre les choses à l’envers, à commencer par la fin, débuter par l’après, inverser les règles. Contrairement au cours habituel de l’exercice de l’interview, ce n’est pas lui qui répondra aux questions, mais bien à nous d’interroger l’absence manifeste de réponses, d’interpréter les rares réactions extraites de son monde minéral. Il y règne une temporalité autre, de ce devenir tellurique qui nous inflige un incontournable décalage horaire. L’un ou l’autre souffrira nécessairement d’un créneau d’acclimatation, selon celui qui finalement fera le voyage et traversera les frontières.
Car c’est bien un massif rocheux qui nous sépare du territoire développé par Florian Bézu. La perspective de son ascension est irrésistible, et les quelques éboulis qui nous en parviennent sont autant de trésors prisés. Ce qu’il retient en ces sommets, aucun accès n’y est pour l’instant vraiment permis. Ses confidences demeurent recluses en une forteresse de faïence émaillée, et satisfaisons nous déjà de jouir des éclats de ces surfaces, du mutisme des émaux qui les nappent, et de la rugosité cristalline de l’ensemble du terrain.
Toujours, cette croute. Les connotations de cet horrible mot, dans le domaine de la peinture particulièrement, trouve pourtant ici une concordance heureuse. Qu’elle soit de terre cuite ou d’un autre matériau poussé par les lois physiques et chimiques à la métamorphose, elle protège, mais signifie aussi un état transitoire. Pensons à l’enfant masochiste qui, blessé, gratte systématiquement cette plaque croustillante de sang coagulé, plus ou moins conscient qu’un tel acharnement empêchera la plaie de se soigner.
Un épiderme se constate également sur sa série d’images troublées par un mystérieux rayonnement. Il s’agit plus de radioactivité que de lumière, le pelliculage polluant directement la structure ouatée du papier cartonné, s’infiltrant en son épaisseur pour faire disparaître les chairs et épargner les tons les plus froids. Les chefs-d’œuvre figurant sur cette collection de vignettes, replongent dans une forme d’obscurantisme primitif, sur lequel règne l’artiste qui s’amuse à nous tester selon son propre règlement, au jeu de la reconnaissance.
Et une gourmandise générique caractérise toute sa production, visant le contentement élémentaire. Les paysages culinaires abondent ainsi, mousses crémeuses, glaçages et gammes sucrées. Plutôt qu’un dégoût, cette abondance semble inspirer un appétit capricieux.
Lorsqu’il les donne à voir, Florian Bézu a l’habitude de rehausser ses pièces d’un contraste littéral entre le précieux et le trivial, le contenu et l’emballage. Que ce soit par le carton pauvre de ses socles ou le vert de bibliothèque de ses murs, la présentation qu’il élabore évoque les réserves du savoir, ce conditionnement feutré dans lequel les choses sont rarement remises en question. Cette dimension sérieuse détonne avec les motifs identifiables qui surgissent d’un travail éternellement voué à l’amusement.
Cotillons, bougies et papier cadeau confirment cette direction. Ces éléments métonymiques de la bringue se retrouvent noyés dans des flaques de cire et de javel, humiliés dans des humeurs un temps liquides, puis figées après leur jaillissement. Fuite adolescente. Chez Florian Bézu, cette débandade programmée reste en suspens pour maintenir un enchantement dans le mépris du temps, une réjouissance sans réel terme.


Ce texte a été écrit pour le catalogue de l’exposition Disposition en décembre 2013 à La maison des arts de Malakoff

L’inventaire

Ce n’est pas vraiment un répertoire, pas tout à fait une collection, pas seulement un recensement. Cataloguer par l’image, associer avec cohérence, distinguer jusqu’à l’exhaustivité, la présente aventure empiète sur toutes ces énergies pour en viser plus encore. Avec pour principal objectif d’éveiller une mémoire commune, cet effort démocratique pointe des extraits d’un même territoire afin de sensibiliser les citoyens à l’héritage qui les environne. L’inventaire du patrimoine réalisé par la Direction de la Culture et du Patrimoine du Conseil général de l’Isère sera présenté en quatre étapes successives. Dans un même élan, deux artistes ont été invités pour imprimer à cette approche leur propre aspiration. Et Muriel Rodolosse et Josué Rauscher découvrirent un terreau qui leur était jusqu’alors étranger. Sessions d’acclimatation et recherches complémentaires ont nourri des pistes que leur travail d’atelier développa durant cinq mois. Josué Rauscher ménage un étalage manifeste par lequel les éléments d’un même corpus sont exhibés au regard pour être minutieusement scrutés. Muriel Rodolosse protège de la vue et de toute autre réverbération, la majeure partie d’un hypothétique trésor, privilégiant à l’ostentation de son contenu, l’affichage cru de son conditionnement. Exposition et conservation sont les deux principaux temps d’un objet de collection qui circule ainsi entre lumière et obscurité, risque et sécurité, rayonnement et confinement.

09.06.2011 – Bordeaux. Arrivé tôt avec le premier Tgv, je longe la Garonne haute et brune depuis la gare jusqu’au Frac Aquitaine, reliant ainsi deux complexes dévolus aux flux et aux transmissions, deux contextes pétris de connotations industrielles. Dans un hangar en bordure de bassin portuaire, j’accoste la production de Muriel Rodolosse à qui l’institution consacre une ambitieuse monographie. Ses fameuses peintures sous Plexiglas ne sont pas seules, accompagnées par un dispositif de volumes blancs qui parsèment le parterre pour motiver et contraindre la circulation entre les formats. Les œuvres les plus récentes affichent des motifs en écho avec l’environnement extérieur, traversé pour atteindre la manifestation. Bien qu’un mur sépare le référent de son interprétation, l’évidence d’une réflexion s’impose, en ce dialogue, comme dans la littéralité d’une lumière qui trace des zones blanches sur l’épiderme synthétique des tableaux. La configuration du fonds régional se singularise par la transparence de son stockage, visible depuis l’espace d’exposition. De la sorte, une multitude de caisses conditionnent l’appréciation de la programmation intra-muros de l’endroit. L’artiste exploita cette abondante réserve en s’appropriant la figure de la boîte dont elle aura malmené la stabilité officielle, orchestrant là un paysage relevant davantage de la banquise aux icebergs dérivant, que de l’archive immuable. Dans le grand tableau que Muriel Rodolosse réalisa pour L’inventaire, les emballages se multiplient sous l’autorité d’une sculpture d’apparence antique. L’étendue de contenants laisse imaginer l’attirail qu’ils dissimulent, un potentiel fantasmé dont l’existence reste cependant à vérifier. Mobilier de fortune, les boîtes aux intérieurs mystérieux arborent des surfaces dont la rythmique grise compose une partition loquace. Cette musicalité sera également tangible dans la proposition verticale organisée autour d’un axe, présentée dans les lieux où l’immense peinture ne rentrera pas. En sa place, une dizaine de formats plus modestes invitent à la giration du corps et du regard, procession guidée par des fragments éclatés, là où le rectangle de la première œuvre impose une frontalité toute aussi cérémonielle. Dans les deux cas, l’artiste éveille les possibles qualités d’un document. Revenons à cette figure académique qui domine la composition. Désolidarisés de leur monolithique soubassement originel, le cavalier et sa monture hybride défient la gravité, bousculée par ailleurs par les perspectives fantaisistes. L’équilibre est précaire mais dynamique. Un vertige contredit toute constance. Sur l’un des plateaux proposés par le sommet des cartons, se dresse un petit simulacre du lavoir de Virieu, dont la charpente est posée sur des pierres de maintien, analogie sculpturale affirmant là encore la redondance du piédestal. Le blanc du fond qui accueille l’ensemble des sujets se propose en tant qu’écran permettant à chacun de projeter les circonstances de cette disposition. Bien que le plan principal soit aussi encombré qu’une réserve chahutée, l’arrière dispense une ouverture, respiration bienveillante. Les ombrages déclinent une gamme ample de gris et de terres, excluant l’usage du noir de mars. Sur le pôle coloré de l’œuvre, se côtoient des teintes subtiles. Leur énumération est une poésie à part entière : brun noisette, bleu un peu azurin, marron terre d’ombre brûlée, noir d’ivoire, bleu roi clair, jaune verdâtre d’Oural, gris acier, souris, taupe, gris de payne, blanc de titane, anthracite, grège, pervenche et bistre. Une couleur surgit dans le panthéon chromatique de notre peintre. Le Caput Mortem est une ombre terre brûlée à tendance cramoisie, un peu rougeâtre, d’où son nom qui signifie littéralement tête de mort. Egalement appelé Mortuum ou sang de bœuf, il servit pour signaler les robes des mécènes, et des cardinaux aussi. On surnomme aussi cette coloration brun momie ou brun égyptien, car à l’époque où elle a été créée, elle était obtenue à partir de momies, pigment tragique issu du broyage de corps ensevelis. Plus tard, alors que les embaumés devenaient plus rares et les artistes plus nombreux, on la confectionna avec de l’oxyde de fer hématite et du carbonate de calcium. Qu’une couleur ait pu par sa fabrication inclure le matériau-même de ses ancêtres, impose un aspect inédit dans l’exercice de la représentation mémorielle.

03.03.2011– Rouen. Au cœur d’un parcours embrassant l’actualité artistique de la ville grâce à la complicité motorisée d’un Rouennais, j’atteints un plateau surplombant l’agglomération. C’est dans le quartier de la Grand-Mare réputé pour son label de zone urbaine sensible qu’existe Plot HR, espace de résidence et d’exposition investi par Josué Rauscher à quelques mois de sa participation au respectable Salon de Montrouge. Autour du lieu d’art, logements sociaux et équipements de commerce et de loisirs encadrent la vie privée et publique d’une population isolée du centre-ville et de la Seine impressionniste. Malgré le contexte rude de sa vitrine marquant le coin d’un centre commercial, l’artiste pose une installation photogénique composée de socles et modèles géométriques agencés par deux fois, côte à côte, semblables. Les volumes se répètent. La duplication elle-même est doublée. Ces motifs proviennent des caves de l’École des beaux-arts du coin, d’où ils furent extirpés, délocalisant en cette situation défavorisée les symboles de l’académisme. Deux autres travaux avoisinent cette proposition principale. Une première projection décline les possibles imbrications des modules, désaffectés de leur fonction initiale pour devenir les briques d’un jeu de construction. L’autre diaporama compile avec une certaine délectation, des images de statues se faisant déboulonner de leur massive base pourtant arrimée pour durer. L’iconographie émouvante de ces bouleversements accompagne toujours les mouvements révolutionnaires qui renversent le pouvoir installé. Entendons bien que dans l’atmosphère tendue des Hauts de Rouen, il n’est pas anodin de célébrer le socle libéré du sujet qui l’écrase traditionnellement. Rappelons également qu’à cette époque, notre sauvage professeur était en phase de passer lui-même son Diplôme national supérieur d’expression plastique, pour finalement se soumettre à des formalités administratives nivelant les valeurs. Je me souviens qu’au fond de l’exposition, un cagibi mal dissimulé laissait entrevoir un désordre dont l’arrangement n’était pas exempt d’intérêt plastique, débarras où s’accumulaient objets quelconques, martyrs d’autres résidents et cadavres divers. Les objets parfois nous surprennent. Il faut savoir qu’en lisière de ce secteur se trouve le Cimetière monumental de la circonscription où repose à jamais Marcel Duchamp. Alors qu’une opération de valorisation évoque spontanément la mise en avant de spécimens remarquables, Josué Rauscher prend le contrepied de cette directive en portant son attention sur un petit patrimoine qu’il ira dénicher dans les brocantes et vide-greniers. C’est donc précisément parmi les amoncellements de biens abandonnés de tout attachement, qu’il trouvera les idéaux de son entreprise. Sculpteur familier des assemblages, il tire parti de ce contexte pour s’initier au moulage. Cette technique est courante dans les services de conservation institutionnels, où il s’agit de reproduire une figurine pour en optimiser la survivance. La copie permet alors la préservation de l’original, contrairement à l’idée d’une contrefaçon qui lui nuirait. Terres simples, moules en élastomère de silicone et contre-moules en plâtre contribuèrent à la prolifération d’imitations parfois teintées de ce séduisant bleu d’alcool polyvinylique que l’artiste utilise en tant qu’agent de démoulage, lorsqu’il n’use pas de vaseline, graisse, cirage ou savon noir. Pigments et colorants peuvent s’adjoindre à la mixture qui deviendra la matière d’un foisonnement colonisant L’inventaire. Il est légitime face à ce déploiement de s’interroger sur les qualités de la duplication, méthode qui peut aussi bien noyer le caractère d’une authenticité que multiplier sa puissance selon un stratagème miraculeux. Car une équivalence inversement proportionnelle oppose habituellement le nombre et la valeur. Dans le rapport entre quantité et qualité, persiste une menace à la cible fluctuante. Nous frôlons ici la problématique du vulgaire, cet adjectif aux connotations péjoratives qui naît cependant d’une ambition respectable de diffusion.

La mission iséroise caractérise naturellement le pittoresque pour mieux le révéler auprès de sa communauté. Muriel Rodolosse et Josué Rauscher quant à eux, avec une stratégie relevant de la physique des couleurs ou de la chimie des matériaux, tiennent les particularismes locaux à distance, en réussissant à intégrer leur unité sans pourtant tous les figurer. Cette souplesse des focales autorise aussi bien la fascination pour tel détail précis, qu’un retrait salvateur qui relativise la place qu’occupe ce fragment vis-à-vis de la culture universelle. Nous avons bien ici affaire à l’inverse de l’illustration. Un trouble en naîtra nécessairement. Œuvrant avec le défilement des saisons depuis la résidence d’artistes Moly-Sabata en lisière du département, l’automne, l’hiver et le printemps ont été les témoins des récoltes, maturation et éclosion de pièces conçues spécialement pour ce territoire. L’ensemble des acteurs de ce projet nous convie à un été de plus d’un an, durant lequel rayonnera la jouissance lumineuse de ces beaux fruits. Et grâce à cette clairvoyance, nous ne nous contentons pas de féliciter le passé, mais lui proposons une inscription continue vers sa suite. En cela, l’Histoire se dote d’une perspective bien vive, pour qu’aujourd’hui aussi laisse sa trace, anticipant la célébration des archives de demain.


Ce texte a été composé pour Josué Rauscher et Muriel Rodolosse à l’occasion de leur exposition itinérante produite par Moly-Sabata en 2013. Il a été publié dans le catalogue éponyme.

Chronique Eva Nielsen à la Galerie Saint-Séverin à Paris

Eva Nielsen (franco-danoise née en 1983) expose ici une seule toile. Et le trésor se montre en une modeste châsse, vitrine paroissiale qui s’offre de front. L’artiste se plie à l’exercice d’une scène biblique, dont elle s’approprie un fragment. En une trame d’une infime délicatesse, se distingue une figure, l’émetteur originel d’une annonciation sans destination fixe. Très à-propos, son message rayonne bien au-delà de la grille qui clôture ce lopin planté, d’où nous restons indéniablement au dehors.

Extrait de la chronique Curiosité – 2013 semaine 05 – Peinture publiée le 28 janvier 2013

Prix de peinture en bords de Rhône

Ils sont deux lauréats à occuper les rives du fleuve avec une monographie chacun. Samuel Richardot a été primé en 2007 et Raul Illarramendi en 2011. En ayant salué ces productions, le Prix Jean Chevalier fait preuve d’audace, et inscrit sa vision du médium dans une perspective prospective.

Là où d’autres initiatives assimilent encore l’interprétation d’un héritage à des pratiques anachroniques, le Prix Jean Chevalier se distingue par un positionnement plutôt clairvoyant. La récompense est décernée tous les deux ans depuis 2007, dans le souvenir du peintre éponyme, élève d’élèves du cubisme et actif au courant du vingtième siècle à Lyon. La dotation se précise progressivement pour aboutir aujourd’hui à une somme de cinq mille euros, une résidence et une exposition parrainée par la Galerie Oliver Houg. L’édition sera bien reconduite en 2013. Jusque-là pour postuler, il s’agissait d’avoir moins de trente ans et d’œuvrer en région Rhône-Alpes ou ses alentours.

C’est à Valence qu’il faut se rendre pour approcher la première de nos étapes. En centre ville dans un petit espace qui assure une belle programmation, sont alignés les formats de Samuel Richardot. Malgré l’évidence du calendrier et son voisinage géographique, cette présentation a été pensée indépendamment du Prix, qui demeure une ligne dans la biographie de l’artiste. Toute la série de toiles témoigne d’une gourmandise plastique heureuse. Les surfaces sont partitionnées en sections tranchantes, régulièrement adoucies par des nuées de couleurs. Et le carrelage du sol est cette fois très à-propos, partageant avec plusieurs œuvres le motif explicite de la grille.

jusqu’au 28 juillet 2012
art3
8, rue Sabaterie – 26000 Valence
Tél. : 04 75 55 31 24
Du mercredi au samedi de 14h à 19h sauf le samedi 14 juillet 2012

Si déjà nous foulons la bourgade, signalons que le Musée de la ville entame son ultime phase de travaux avant réouverture. Durant les années de chantier, l’institution a multiplié les évènements pour garantir une visibilité même réduite à son activité et ses collections. Dernière manifestation hors-les-murs en date, « Célébration – Rêves de nature » associe pièces historiques et contemporaines autour de deux merveilleux herbiers du dix-huitième siècle, prétextant un hommage à Jean-Jacques Rousseau dont le tricentenaire est honoré par toute la région en cette saison. Sur deux étages, la commissaire Dorothée Deyries-Henry distribue avec distinction les productions de Daniel Arsham, Antoine-Louis Barye, Céleste Boursier-Mougenot, Sophie Calle, Eugène Delacroix, Narcisse Diaz de la Peña, Jean Fautrier, Ceal Floyer, Hamish Fulton, Cornelis Gysbrechts, Henri Harpignies, Uwe Henneken, Jean-Émile Laboureur, Rose Lowder, Henri Michaux, Éric Poitevin, Hubert Robert et Roman Signer.

jusqu’au 7 juillet 2012
Lux – Scène nationale
36, boulevard du général de Gaulle – 26000 Valence
Tél. : 04 75 82 44 15
Du mardi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 16h à 19h

À une cinquantaine de kilomètres en aval, trône Moly-Sabata, bâtisse dont l’austérité ponctue le paysage rhodanien. Derrière l’épaisseur de ses murs, existe une hospitalité précieuse. La propriété accueille depuis des décennies des artistes en résidence, dans l’application fidèle du testament du cubiste Albert Gleizes qui légua le bien à cet unique usage. Aujourd’hui, sa fondation gère l’endroit et est partenaire de la présente édition du Prix Jean Chevalier. Raul Illarramendi y a séjourné trois mois afin de produire l’intégralité des pièces qui ont composé son accrochage. Où l’on a vu petits et grands formats d’une facture empreinte de virtuosité. L’artiste simule avec brio traces et accidents, en usant uniquement du crayon de couleur sur papier avec un judicieux travail de réserve. L’élégance de cette maîtrise tranche avec l’apparente trivialité de ce qu’elle représente. Et l’exécution fastidieuse fascine, jusque dans les caves de la demeure où ont été reproduits les stigmates laissés par des inondations successives.

jusqu’au 29 juillet 2012
Moly-Sabata
1, rue Moly-Sabata – 38550 Sablons
Tél. : 04 74 84 28 47
tous les jours de 14h à 19h

Résidente via d’autres modalités, Stéphanie Nava articule actuellement une double exposition se déployant de part et d’autre des flots. L’évènement « Frontalier des rives – Riverains des frontières » est une correspondance généreuse entre les deux rivages, concentrant ici toute la poésie d’une vallée que l’artiste tutoie avec familiarité.

jusqu’au 16 septembre 2012
Musée des Mariniers
rue du musée – 07340 Serrières
Tél. : 04 75 34 00 46
du mercredi au lundi de 10h à 12h et de 14h30 à 18h sauf jours fériés

Consulter l’article publié le 29.06.2012 sur Artnet.fr

Points cardinaux – Portrait de Grégory Buchert

Est
Sur un moniteur, demeure l’image d’un giratoire, fleuri et anodin. Le plan fixe donne à voir la vie d’un carrefour dont tout le monde se fout. C’est pourtant sur cet îlot qu’un jeune homme s’est exilé pour éveiller le romantisme le plus radical dans le climat d’une commune ordinaire. Grégory Buchert et moi avons vu le jour dans le même hôpital, situé dans le voisinage du rond-point en question. Bien qu’anecdotique, la donnée m’a fait identifier sa production comme on le ferait d’un naufragé dans le désert bas-rhinois. L’indigène développa en ce contexte une sensibilité dont il aiguisa progressivement les formulations jusqu’à aboutir aujourd’hui à une constellation de vidéos. Leurs modes de présentation précis colonisent davantage que la simple surface d’un écran.
Ouest
Après avoir courageusement cheminé, les épaules chargées d’une pesanteur mélancolique, notre personnage se retrouve à l’autre bout du monde. La contrée est reconnue pour les palettes fauves qu’elle hébergea épisodiquement et c’est cette même flamboyance que Grégory Buchert entraîne vers l’obscurité. La nécessité d’affirmer sa filiation éclot déjà, donnant à voir le medium vidéographique comme progéniture de la peinture. La complicité tissée avec un peintre breton servira de trame à un enregistrement impressionniste. Sur le motif, la concurrence de la toile contre la caméra prend pour prétexte l’éternelle course du soleil entre les nuits. Deux représentations se cognent mais partagent l’éminence de la contemplation.
Sud
La dimension protocolaire des œuvres de Grégory Buchert culmine avec son odyssée vers la reconnaissance, celle d’un père disparu en laissant de maigres traces qui conduiront son existentielle migration vers le midi. Et l’épopée commence là où il était prévu qu’elle se termine. Dans un camping-car entouré de patients complices, il s’agira d’épuiser la littérature comme carburant. Car ce sont bien les pages qui font avancer l’équipe, qui concrétise le caprice grave et nécessaire d’un enfant voulant se mesurer à son ascendance. L’introspection franche sait rester pudique et réussit à trouver les formes pour tous nous concerner. L’enquête s’interrompt entre deux continents, sur un océan de promesses où résonne encore l’accent alsacien.
Nord
L’autre rive, le nouveau monde, est ce projet qui honore l’issue d’une formation au Fresnoy. Cette nouvelle déclinaison de l’endurance s’émancipe de la figuration de soi. Alors que les précédentes analyses s’attachaient avec esprit aux liens viscéraux de l’amitié ou de la famille, cette installation prend un recul inédit pour extraire une forme générique de solitude en proie au vertige des cycles ancestraux. Sous les astres et selon un plan circulaire nécessaire à toute révolution, un être et son double errent d’aurores en crépuscules. Tout les séparent. Ils répètent pourtant la même trajectoire. Finalement, chacun naît au même endroit et grandit en traversant ces sentiments élémentaires désignés par Grégory Buchert, possible boussole.

Montpellier dans le palmarès

La ville peut se gargariser d’être classée quarantième destination mondiale, et seule française, dans la prestigieuse liste signée par le New York Times des lieux à parcourir en 2012. Si le journal américain souligne des élans architecturaux effectivement impressionnants, il ne dit rien du réseau d’art contemporain actif au sein de la métropole. Celui-ci ne fait pas de Montpellier une priorité dans le domaine, mais l’inscrit sans aucun doute comme une excitante étape au sein d’un circuit en Languedoc-Roussillon à compléter par des visites à Nîmes, Sète et Sérignan.

Avant tout, il faut applaudir le travail du Frac (Fonds régional d’art contemporain) qui s’est entre autres illustré par une série de manifestations biennales faisant honneur aux missions de l’institution. Prenant pour prétextes les personnages populaires de Marcel Duchamp en 2006, Gargantua en 2008 et Casanova en 2010, ces initiatives estivales dispersaient avec audace et exigence, des pièces de la collection et plus encore, de manière assez homogène sur le territoire. Un épais catalogue accompagnait systématiquement ces aventures, dont la fréquence est pour le moment suspendue. En ses murs se tient actuellement une exposition de Natacha Lesueur dont une vaste monographie vient de se clôturer au Mamco à Genève. L’artiste concentre ici sa proposition sur une série récente de photographies mettant en scène un seul modèle qui endosse une suite d’artifices. Les portraits carnavalesques déclinent des habillages sophistiqués. Et l’artiste augmente de façon assez inédite son accrochage d’un dessin et trois films.

jusqu’au 5 mai 2012
Frac Languedoc-Roussillon
4, rue Rambaud – 34000 Montpellier
Tél. : 04 99 74 20 35
du mardi au samedi de 14h à 18h

À proximité, une visibilité était accordée aux étudiants des écoles d’Architecture et de Beaux-arts de la ville, dans le cadre de la troisième édition de Buzz.

Galerie Aperto
1, rue Etienne Cardaire – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 72 57 41

En remontant dans l’Ecusson, puisque c’est ainsi que l’on surnomme le centre historique, se trouve un autre espace associatif actuellement investit avec humour par Guillaume Pinard.

jusqu’au 14 avril 2012
Iconoscope
1, rue du général Maureilhan – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 63 03 84
le mardi et du jeudi au samedi de 15h à 18h30

La Galerie Hélène Trintignant fait figure historique.

Galerie Hélène Trintignant
21, rue Saint-Guilhem – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 60 57 18
du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h

Au fond d’une boutique de fantaisies, se cache une petite salle d’exposition. Après Cyril Hatt qui y présentait ses fameux objets, c’est le collectif Hibiscus Transportable qui sévit.

jusqu’au 26 mai 2012
Linette
5, rue Sainte Anne – 34000 Montpellier
Tél. : 09 81 05 39 75
les mardi, jeudi et vendredi de 10h30 à 13h et de 14h à 18h30 et le samedi de 10h à 19h

Et dans une spectaculaire nef désacralisée, Bernard Pagès plante six sculptures. La septième a été isolée dans le narthex. Toujours, les matériaux sont travaillés dans un élan ascensionnel, mais la principale interrogation reste celle des bouts : comment finir le modelage d’une ligne ?

jusqu’au 25 mars
Carré Saint Anne
2, Rue Philippy – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 60 82 11
du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h

Ailleurs, Arnaud Vasseux déploie sa propre délicatesse alors qu’Aristide Bianchi occupe l’étage.

jusqu’au 28 avril 2012
Galerie AL/MA
14, rue Aristide Ollivier – 34000 Montpellier
Tél. : 09 51 30 27 01
du mardi au samedi de 15h à 19h

Une autre initiative municipale dédiée à la photographie offre une jolie programmation dans un environnement sérieux et confortable. Cette fois, c’est William Eugene Smith qui nous emporte dans la diversité de la cité américaine de Pittsburgh qu’il documenta de 1955 à 1958.

jusqu’au 3 juin 2012
Pavillon Populaire
Esplanade Charles-De-Gaulle – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 13 46
du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h

Eudes Menichetti poursuit son exploration du corps humain par sa représentation.
Jusqu’au 24 mars 2012

Galerie chantiersBoîteNoire
1, rue Carbonnerie – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 25 87
du mercredi au samedi de 15h30 à 19h

En attendant la réouverture de La Panacée et du centre d’art ambitieux qu’elle hébergerait, on déplore que la programmation du Musée Fabre n’enthousiasme pas d’avantage, malgré des collections estimables.

Musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 14 83 00
du mardi au dimanche de 10h à 18h

Et au-delà du Corum qui marque un seuil dans l’urbanisme montpelliérain, se situe l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts donnant parfois à voir des expositions, et dans son voisinage la Galerie Vasistas qui présente en ce moment les peintres David Bioulès et Joël Renard.

jusqu’au 28 avril 2012
Galerie Vasistas
37, avenue Bouisson Bertrand – 34090 Montpellier
Tél. : 06 75 49 19 58
du mercredi au samedi de 15h à 18h30

Reste à flâner amoureusement dans l’épatant patrimoine universitaire de la cité, entre les facultés centenaires et le plus ancien Jardin des Plantes de France. Mais la ville n’a cessé de façonner son paysage, en osant de spectaculaires réalisations contemporaines, érigeant hier le complexe d’Antigone par Ricardo Bofill, inaugurant aujourd’hui le nouvel Hôtel de Ville par Jean Nouvel et finalisant pour demain les Archives Départementales par Zaha Hadid.

Concluons dans l’exception en rappelant que Montpellier fut choisie comme unique halte française de la nouvelle tournée internationale d’Einstein on the Beach. Monument de grâce et d’austérité conçu en 1976 par Philip Glass, Robert Wilson et Lucinda Childs, ce prodigieux opéra post-moderne vous rend captif de ses ritournelles, à jamais.

Consulter l’article publié le 22.03.2012 sur Artnet.fr

I ♥ DH

Il est le plus médiatique des Young British Artists, génération déjà très populaire grâce à l’élan de diffusion dont elle a bénéficié dès les années quatre-vingt-dix. Damien Hirst accumule les superlatifs en bousculant régulièrement le marché de l’art. Chérissant le spectaculaire, habitué au démonstratif, on peut se demander pourquoi il n’a pas encore été invité à investir notre Château de Versailles. Mais actuellement, c’est une toute autre mégalomanie qu’il expérimente en exposant simultanément à New York, Beverly Hills, Genève, Rome, Athènes, Hong-Kong, Londres et Paris. Cette ubiquité peut permettre à chacun, paradoxalement, d’oublier un peu l’homme d’affaire en approchant l’artiste. Vérification de part et d’autre de La Manche.

L’aventure The Complete Spot Paintings 1986-2011 se déploie dans toutes les galeries du marchand Larry Gagosian, soit onze adresses, huit villes, sept pays et trois continents. L’initiative permet de dérouler vingt-cinq années d’un pointillisme quadrillé. La même trame a subi des centaines de déclinaisons, négociant ainsi l’essoufflement d’un motif avec simplement des pois, des couleurs et des rythmes. La frontalité des outils plastiques déconcerte lorsqu’on la lorgne avec méfiance sur une reproduction, mais interpelle quand enfin on rencontre physiquement les toiles. Et l’occasion en France, est rare.

Dans le huitième arrondissement, un contraste harmonieux confronte la façade haussmannienne que l’on pénètre et les tapisseries de points colorés qu’elle abrite. D’emblée, notre attention est surprise par l’humanité qui suinte malgré tout de ce projet mécanique. Car derrière chacune des œuvres de la série, se cache certes la pensée du créateur, mais aussi des petites mains qui tracèrent avec application les gourmandes pastilles. La qualité chromatique de leur organisation chatouille nos rétines, phénomène optique que l’on ne prêtait initialement pas à l’aridité supposée du projet. La présentation investit les deux niveaux de l’endroit, les récentes au rez-de-chaussée, les anciennes à l’étage.

jusqu’au 10 mars 2012
Galerie Gagosian
4, rue de Ponthieu – 75008 Paris
Tél. : 0175 00 05 92
du mardi au samedi de 11h à 19h

C’est dans le luxueux quartier de Mayfair que se trouve le plus modeste des espaces du galeriste américain. Ici s’alignent les petits formats, supports de minuscules ronds, mais aussi de formes tronquées par les bordures du châssis. Le parti pris fonctionne bien et propose un accrochage apaisé, presque discret.

jusqu’au 18 février 2012
Galerie Gagosian
17-19, Davies Street London W1K 3DE
Tél. : 44 207 493 3020
du mardi au samedi de 10h à 18h

Et à quelques pas de la gare St-Pancras qui relie les deux capitales, on retrouve la démesure associée à Damien Hirst avec d’immenses volumes généreusement occupés par des œuvres de toutes tailles. L’approche frôle ici l’encyclopédique et insiste peut-être plus qu’ailleurs encore, sur l’universalité de ces compositions abstraites aux connotations faciles et nombreuses. Le champ lexical des titres, emprunté au domaine chimique fait directement écho aux signes pharmaceutiques qu’emploie l’artiste dans un pan de sa production. Dans la dernière salle, plusieurs pièces révèlent des clés quasi décevantes tant on s’était habitué au mutisme des combinaisons. Un système de correspondances associe toute teinte à une lettre et autoriserait à déchiffrer des sentences dissimulées dans chaque artefact.

jusqu’au 18 février 2012
Galerie Gagosian
6-24, Britannia Street London WC1X 9JD
Tél. : 44 207 841 9960
du mardi au samedi de 10h à 18h

Ce n’est pas parce qu’une grande manifestation est consacrée à cette suite d’œuvres, que celle-ci se voit clôturée. La gamme continue. L’artiste a fait démarrer en 2011 le projet « One-million-spot-painting » dont la réalisation s’étale sur neuf ans et demi.

Comme les britanniques ont ce talent du pop pour motiver les foules, un défi a été lancé invitant qui veut, et qui peut, à parcourir le monde pour approcher chacune des étapes. Il suffit de s’enregistrer en ligne et faire tamponner une carte auprès des onze localisations. De cette manière, vous gagneriez une sérigraphie que l’artiste vous dédicacera personnellement.

Consulter l’article publié le 14.02.2012 sur Artnet.fr

Paris, Cherbourg : Austérité sentimentale

De l’irrésistible hôtel particulier à l’architecture radicale périurbaine, Patrick Faigenbaum investit deux contextes opposés pour mieux donner à voir l’homogénéité de sa production. Ici, ailleurs, demeurent des clichés exigeants et silencieux, figés dans la gélatine de tirages argentiques.

L’arrivée à l’Hôtel Scheffer-Renan par l’allée qui le sépare de la rue impressionne toujours. Le Musée de la Vie romantique fait partie d’un réseau municipal de lieux d’exception, accueillant parfois de l’art contemporain. Les initiatives de la Ville dans ce cadre sont généralement heureuses, et l’invitation faite à Patrick Faigenbaum apparaît toute aussi intrigante qu’évidente. On connaît de ses œuvres, leur sérénité triste, et c’est donc avec excitation que l’on s’engage dans la découverte de leur potentiel dialogue avec la mélancolie du XIXe siècle. Quatre-vingts photographies sont ainsi présentées dans les deux communs du pavillon. Dans les premières salles, des images minérales accompagnent les séries immortalisant la mère de l’artiste, ultime représentation de celle qui donna la vie alors qu’elle s’apprête à la perdre. Définitivement portraitiste même en l’absence de visages, le photographe qualifie une ville par ceux qui l’habitent et fait habiter d’une humanité singulière les prises de vues où personne ne figure. L’ensemble de l’exposition se focalise sur le pays parisien, documentant l’intimité de la capitale tout en s’autorisant des promenades franciliennes.

jusqu’au 12 février 2012
Musée de la Vie romantique
16, rue Chaptal – 75009 Paris
Tél. : 01 55 31 95 67
du mardi au dimanche de 10h à 18h

Et depuis le cœur du neuvième arrondissement, la Gare Saint-Lazare est toute proche, et trois heures plus tard après avoir traversé le Cotentin en Corail Intercités, vous arriverez à Cherbourg-Octeville. Le Point du Jour se situe à proximité de la gare, et se distingue facilement par son bâtiment inauguré en 2008, qui dote après une dizaine d’années d’activité une association qui œuvrait jusque-là sans espace dédié. Modeste et manifeste, le cube tronqué est tapissé d’un revêtement argenté qui évoque littéralement le médium auquel la structure se consacre. À l’intérieur, le sol de bitume perturbe mais offre effectivement une surface sombre qui socle d’emblée l’accrochage. Celui-ci est relativement dense, lorsqu’on le compare aux habitudes du photographe. Il retrace trente-cinq ans de production, en prenant pour prétexte, les images en noir et blanc. L’intelligence de cette belle frise est d’en transgresser la règle, en laissant surgir quelques exceptions colorées : un homme absorbé dans un tronc noueux ou quelques pêches et citrons. Entre figures et natures mortes se démarquent des portraits de famille, comiques lorsque la lignée pose, stoïque, dans son apparat, poignants quand seuls un ou deux membres se retrouvent isolés mais indéniablement entourés de fantômes.

jusqu’au 22 janvier 2012
Point du Jour
107, avenue de Paris – 50100 Cherbourg-Octeville
Tél. : 02 33 22 99 23
du mercredi au vendredi de 14h à 18h et les samedi et dimanche de 11h à 19h

Signalons que le photographe participe également à une présentation collective montée dans l’espace bruxellois de sa galerie.

jusqu’au 25 février 2012
Galerie Nathalie Obadia
8, rue Charles Decoster -1050 Ixelles-Bruxelles
Tél. : +32 (0) 2 648 14 05
du mardi au samedi de 14h à 18h

Patrick Faigenbaum ne contourne en rien la puissance mortifère de son médium, négociation permanente entre le vif et le coi. Depuis des décennies, il formule un imagier sentimental qui fuit le spectaculaire pour imposer sa propre temporalité, à l’image des sujets dont il se préoccupe, digne et humble.

Consulter l’article publié le 20.01.2012 sur Artnet.fr

Chronique Eva Nielsen à la Galerie Dominique Fiat à Paris

Eva Nielsen (franco-danoise née en 1983) gifla les attentes quant à une production déjà bien identifiée, en offrant aux amateurs ce qu’ils voulaient, et plus encore. Elle tranche ses formats en diptyques et dévoile des œuvres sur papier. Toujours, la claque d’un plan franc, vient s’intercaler entre une pochade atmosphérique trouble, et nous. Cette mise au point nécessaire à toute visée, témoigne d’un intérêt documenté pour la mécanique du regard. J’aime cette autorité qui, tout en caressant ma sensibilité, m’inflige avec violence un constat pratique : j’ai deux yeux.

Extrait de la chronique Curiosité – 2012 semaine 03 – Vikings publiée le 20 janvier 2012